CHAPITRE XCVIII
division vers Grenoble; une division de quatre mille ' hommes avait été formée des gardes nationales des départemens du midi , du Lyonnais , de l’Auvergne et du Nivernais; Âugereau avait sous son commandement vingt-cinq mille hommes, dont dixsept mille directement sous ses ordres, et le reste sous les ordres de Marchand. Quand son plan d’opérations ne lui aurait pas été prescrit par l’Empereur, il était tracé par la situation des armées coalisées en France, et la disposition des troupes qu’il avait devant lui. Il devait! se porter sur Genève, insurger la Suisse dont plusieurs cantons étaient bien disposés, rétablir la communication du Simplon , se réunir aux troupes de l’armée d’Italie, si Eugène eût pu en envoyer, et s’avancer vers le Haut-Jura , pour agir en Bourgogne de concert avec l’Empereur. L’occupation seule de Genève aurait été un coup fatal à l’armée austro-russe. Au lieu d’agir avec résolution, ensemble et énergie, Augereau dissémina aussi ses troupes , et tâtonna partout. Marchand, qui ne devait faire qu’une diversion , s’empara de lui-même du plan , et arriva aux portes de Genève. Mais Augereau , maître de Mâcon et de Bourg, se contenta d’avoir dégagé Lyon , suspendit ses opérations, alléguant la faiblesse de son armée, et laissa le temps à Bubna de se reconnaître , et de faire de nouvelles dispositions. H donna l’ordre au général Scheither de tenir à Châlons tant qu’il pourrait; il envoya le général Rlebelsberg par Saint-Claude à Genève pour couvrir cette place.
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Un autre plan d’opérations fat , dit-on, prescrit à Augereau par l’Empereur; e’était de remonter la Saône, de culbuter les détachemens* qui se trouyeraient devant lui, de pénétrer dans les Vosges, de s*y établir sur les derrières de l’ennemi , de faire une guerre acharnée à ses convois, à ses bagages, à ses dé> tachemens isolés ; de soulever les habitans, enfin de menacer sa ligne d’opérations et sa route de retrâle'. Mais ce plan était également au-dessus des forces et de la volonté d’Augereau , un des plus dteatu^ de tous les soldats pap les honneurs et la fortune. Fatigué de ses doléances sur la faiblcMe et le dénùment de son armée , Napoléon donna l’ordi^ a Suchet d’envoyer encore dix mille hommes à Lyon, et au prince Borghèse d’y en envoyer de Turin sept mille. Mais le temps marchait , et l’ennemi le m^ait à profit. '
Aux Pyrénées, depuis la mi-janvier, les armées étaient restées en position. Wellington ayant re^ des renforts et raq^elé sa cavalerie, avait soixantequinze mille hommes. Soult en ayant envoyé près de quatorze mille à l’Empereur, n'en avait plus que quarante mille. Wellington résolut de reprendre l’ofifensive; il y fiit encouragé, non-seulement par sa supériorité, l’amélioration du temps, mais encore par La Roche-Jacquelin , que lui avait expédié le conûté royaliste de l’Ouest , et par l’arrivée au quai' lier général de Saint-Jean-de-Liiz , du duc d’Angou-
' Mamitcrit do i8i4, Fain , p. no.
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