CHAPITRE XCVIIt
le plénipotentiaire français. On va voir à l’oeuvre son Pilade Stadion, et ces ministres anglais, les meilleures gens du monde.
Les conférences ne se rouvrirent que le 17. Les plénipotentiaires coalisés répondirent franchement au reproche d’avoir abandonné les propositions de Francfort, que la marche politique de leurs cours avait été constamment adaptée aux évènemens amenés par les opérations de leurs armées. '
Ensuite le plénipotentiaire autrichien, Stadion, si parfaitement uni avec Metternich de pensées, de vues , de principes , prenant pour texte la lettre que lui avait écrite, le 9 , Caulaincourt, dit que les cours alliées estimaient qu’un traité préliminaire, fondé sur le principe que la France rentrât dans ses anciennes limites, et qui aurait, pour suite immédiate, la cessation des hostilités sur teri'e et sur mer, atteindrait mieux qu’un armistice le but généralement désiré; qu’en conséquence les cours alliées avaient transmis à leurs plénipotentiaires le projèt de ce traité.
Caulaincourt fit observer qu’en adressant à Metternich sa demande confidentielle pour un armistice , il était loin de s'attendre que les séances seraient aussi inopinément suspendues, et que la négociation serait interrompue pendant neuf jours, ce qui avait changé l’état de la question et l’objet qu’il se proposait; que des préliminaires exigeant une discussion plus ou moins longue, n’arrêtaient pas im moment même l’effusion du sang comme un armistice.
EMPIRE. AN j8|/j.
Sans tenir compte de l’observation, le plénipotentiaire autrichien fit lecture du projet de ti^ité. C’étaient les propositions du 7 février, les anciennes limites et tout le reste. Les puissances déterminaient, d'après les traités existant entre elles, les limites- et rapports tant des états cédés par la France que de leurs états entre eux, sans que la France pût aucunement y intervenir. L’Angleterre» rendait à la France ses colonies , excepté les Saintes et les îles de France et de Bourbon. L’île de Malte r^ait à la Grande-Bretagne. La France remettait toutes les places des pays cédés avec l’artillerie, les munitions de guerre et de bouche, les archives, etc. La France remettait aussi aux armées alliées les places de Bfr sançon , Béfort et Huningue pour rester en dépôt jusqu’à la ratification de la paix définitive. Après les ratifications du traité préliminaire qui devaient être échangées au plus tard dans les quatre jours, les hostilités cessaient sur terre et sur mer.
Caulaincourt demanda quelques explications «sseï inutiles sur le résultat des renonciations exigées de la France; les plénipotentiaires déclarèrent s’eto tenir, pour le moment, à leur projet. Caulaincourt, trouvant qu’il était d’une trop haute importance pour y répondre de suite, se réserva de le faire dans une conférence ultérieure. La lettre du même jour, que l’Empereur lui écrivait de Nangis, ne tarda pas à lui apprendre qu’il ne se croyait pas en- position d’accepter des conditions aussi dures .et une pah qu’il avait toujours regardée comme honteuse.
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