‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 242 sur 300 · CHAPITRE XCTIir · texte numérisé non relu

CHAPITRE XCTIir

mieux que de preudre pour texte de son discours emphatique, le temps où les Sarrazins forent défaits par Charles Martel , dans les plaines de Tours et de Poitiers. On aurait dit que depuis il n’j avait plus de France. Les drapeaux furent ensuite déposés aux Invalides.

Désespérant de réduire Anvers par la force, surtout depuis que Carnot y commandait, Bulow essaya de le séduire par les louanges, et d’ébranler, au nom de la liberté, la fidélité du vieux républicain à l’Empire , à la France , à l’honneur. Dans la lettre qu’il lui écrivit , il rappelait les torts du monarque ambitieux, qui l’avait délaissé. Il n’était plus douteux, disait-il, que l’empiré tyrannique d’un souverain , qui avait fait le malheur de la France et de l’Europe, tirait vers sa fin.... Ce n’étaient point les Français que combattaient 1^ coalisés.... Il ne s’agissait point de partager la France et d’en forcer les habitons à accepter, contre leur gré, un nouveau

souverain « Que votre excellence se mette k la

tête d’un peuple qui brise ses fers; qu’dle organise ses moyens; qu’elle prépare le bien futur de la France; qu’elle fasse un effort coura^ux, et qu’elle s’immortalise en formant un parti décidé à délivrer sa patrie, je me ferai un devoir de la soutenir de toutes les manières. »

Carnot répondit qu’il avait le bonheur de com'inander dans une fdace aussi bien armée contre la séduction que contre la force ouverte , et que pour conserver l’estime de M. Bulow, il défendrait de tous

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ses moyens le poste honorable qui lui avait étécon> fié par sa majesté l’Empereur des Français.’

Maison se rapprocha de la frontière de France, par Ath et Tournay. Bulow quitta la Belgique, où il fut remplacé par le corps du duc deSaxe-Weimar, et marcha sur Laon. Maison vint couvrir Lille; le îo, la place de Gorcum capitula; Maison se porta en avant avec le projet de pousser jusqu’à Gand, pour attirer à lui la division Roguet , qui avait l’ordre de quitter Anvers; les raouvemens du duc de Weimar l’arrêtèrent.

Un Français, memhrê de la coalition armée contre la France, s’avançait avec son armée : c’était, non pas un de ces émigrés ennemis de la révolution, mais un soldat qui avait combattu pour elle, qui lui devait ses honneurs et sa gloire. Bemadotte, prince royal de Suède, venait de passer le Rhin , précédé par une proclamation aux Français. En revoyant ce fleuve , sur lequel il avait si souvent et si heureusement combattu pour eux , il avait senti le besoin de leur dire pourquoi il venait les combattre. Ses motifs étaient les mêmes que ceux des souverains dont il était l’allié. Il n’en voulait qu’au gouvernement et nullement à la nation. Bernadette n’en portait pas moins les armes contre ses anciens compagnons. Vers la fin de février, il vint se cantonner 'entre Liège et Louvain.

Loin de suivre le mouvement rétrograde de l’ar-

^ Lettres des 1 1 et iS février

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