CHAPITRE XCVIIf
mée austro-russe, Blûcher, se regardant comme indépendant des opérations du généralissime, reprit son plan favori de marcher sur Paris, et le 2 3 au soir passa l’Aube. Schwarzenberg désapprouva sa séparation , l’invita à se diriger sur Dienville, pour former son aile droite. Il répondit qu’il serait imprudent de faire ce mouvement en prêtant le flanc à l’armée française.
Le 25 au matin, les souverains et l’état-major se réunirent à Bar -sur- Aube, chez le roi de Prusse, dans la chambre du général Knesebeck, qui était malade, et des conseils duquel la coalition ne pouvait se passer ; il y fut décidé :
1“ Que l’armée austro-russe continuerait sa retraite dès qu’elle y serait forcée par l’ennemi; qu’elle se réunirait à Langres aux réserves, soit pour recevoir une bataille, soit pour reprendre l’offensive;
2* Puisque l’armée de Silésie s’était séparée, qu’elle se réunirait sur la Marne au^ corps de Wintzingerode et de Bulow, et agirait contre Paris ;
3“ Qu’il serait formé une armée du Sud , de cinquante mille hommes, pour s’opposer à Augereau, dégager Genève , et couvrir la base d’opérations;
4“ Que le duc de Weymar et Bernadette resteraient en Belgique, pour tenir en échec les garnisons des places fortes frontières , et servir d’appui à , la base d’opérations deBlücher;
5“ Que l’armée principale se tiendrait sur la défensive, tandis que ses ailes agiraient offensivement;
6» Que le congrès de Cbàtillon ferait tous ses
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efforts pour conclure la paix, mais que les commissaires pour Tarmistioe poseraient piMir condition sine quâ non la ligne de démarcation de la Saône et du Rhône pour l’aile gauche.
Tant de prudence , ou plutôt de pusillanimUæ de la port des coalisés , qui étaient dix contre un , ne s’explique qtie par l’état d’irritation cwj l’invasion et ses excès avaient jeté les populations braves et aguerries des départemens de l’Est. Depuis Francfort jusqu’après la bataille de Brienne , le parti royaliste avait flatté les étrangers qu’à leur apparition, toute la France se prononcerait ouvertement pour enxet les Bourbons. Ces illusions s’étaient bien vite dissipées. Les coalisés craignaient , non sans raison , que s'ils venaient à perdre une bataille , l’insurrection éclatât sur leurs derrières et leurs flancs, et les isolât de leurs munitions.
L’Empereur ayant appris que Bliicher avait passé l’Aube, retarda la poursuite de l’armée austrorusse, et fil <daserver l’armée de Silésie par le maréchal Ney. Elle se dirigea stir Sésanne. Le a5, Marmont se mit en retraite sur laFertéÆaucher. Le a6, farinée austro-russe continua sa retraite, f^a division Dubesme emporta le pont de Doulancourt à la baïonnette, culbuta les Autrichiens, et entra pêlemêle avec eux à Bar. Dans l’après-midi , le roi de Prusse reçut de Blücber l’avis qu’il s’avançait vers la Marne , et que Napoléon , laissant peu de troupes sur l’Aube, réunirait le gros de son armée à Mcryi pour suivre l’armée de Silésie. Cette nouvelle rassura