CHAPITRE XCVIII
les coalisés ; il fut décidé qu’on reprendrait l’offensive. Les Ckisaques furrat poussés entre l’Âube et la Marne. De Wrède tenta un coup de main sur Bar. Les Bavarois pénétrèrent jusqu’à la place , mais ib furent promptement repoussés, avec perte de six cents hommes.
L’armée de Silésie continuait son mouvement , et occupa Rebais, Done, Chailly et Coulommiers. Les ' maréchaux Marmont et Mortier s’étaient retirés à la Ferté-sous-Jouarre, laissant une arrière-garde à Château -Thierry .
Dans les conférences de Lusigny, l’ennemi n’avait paru avoir en vue qu’une suspension d’armes ; Napoléon se flatta d’y poser les bases de la paix. Pour prix de ses derniers succès , il prétendait garder Anvers et la Belgique. Il espérait que les généraux russes, autrichiens et prussiens se montreraient traitables sur cette question , toute anglaise. Tant qu’elle ne serait pas décidée, il ne voulait pas se priver, par un armistice, des avantages qu’il se flattait d’obtenir sur l’armée austro-russe.
Les généraux ennemis avaient proposé le statu quo des armées belligérantes. Flahaut demanda que la ligne s’étendît depuis Anvers jusqu’à Lyon. Cette ligne plaçait les forces de la France sur un seul front , depuis l’Ëscaut jusqu’aux Alpes. Les commissaires russe et prussien trouvaient que c’était payer trop cher quelque délai dont l’armée autrichienne pouvait avoir besoin pour se reposer. Le commissaire autrichien se montrait asseï conciliant. Mais tous .
EJttPIUE, — an 1814.
demandaient à chaque question des instructions nouvelles, et le temps se perdait en form^ diplomatiques. Il n’y avait pas apparence que les commissaires des puissances cédassent. Depuis le parti pris par Blücher de marcher sur Paris parla Marne, elles n avaient plus besoin d’armistice; elles s’étaient même décidées à reprendre l’offensive. En effet, le mouvement de l’armée de Silésie ne permettait plus à 1 Empereur de combattre l’armée austro- russe; il lui fallait marcher au plus pressé.
Il laissa les maréchaux Oudinot et Macdonald sur 1 Aube pour masquer son mouvëment , et le 27 au matin, il vint, par une marche forcée, de Troyes au village d Herbisse , avec la division Friailt et la cavalerie de la garde. Il fut rejoint par les maréchaux Ney et Victor, le général Arrighi , venant de Paris, et le général Bordesoul, amenant cinq cents chevaux. L’Empereur eut avec lui vingt mille hommes d infanterie et cinq mille de cavalerie.
Dans la nuit du 26 au 27, Marmont et Mortier quittèrent la Ferté-sous-Jouarre, détruisirent le pont, et se retirèrent sur Meaux. L’armée de Silésie se porta en avant. L’avant-garde de Sacken attaqua cette ville, et fut contenue par Marmont.
Le 28 , Napoléon s’avança entre Esternay et la Ferté-Gaucher, chassant Tettenborn de Fère-Champenoise.
Marmont et Mortier demandèrent des secours à la régence. Il y avait dans les dépôts de la garde environ cinq mille hommes d’infanterie et mille che-
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