‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 249 sur 300 · CHAPITRE XCIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XCIX

de vingt livres sterling par fantassin et de trente par cavalier. Il serait convenu de secours additionnels s’ils étaient nécessaires. Les puissances ne feraient point de paix que d’un commun accord. Elles pourraient inviter d’autres puissances à accéder au traité.

Il était fait pour vingt ans; et trois ans avant l’expiration de ce terme, il pourrait être renouvelé.

Il y avait des articles secrets au traité de Chaumont : c’étaient pour la plupart les stipulations des préliminaires du 17 février; le traité patent et les articles secrets furent convenus et signés à l’insu de l’Empereur Napoléon et de son plénipotentiaire. Caulaincourt lui rendit compte de la conférence du a8 février : sa lettre ne parvint que le a mars à la Ferté-sous-Jouarre, au moment où l’Empereur se ' flattait d’écraser l’armée de Silésie. Il reçut en réponse l’prdre de demander la présence au congrès de toutes les puissances belligérantes, non pour l’obtenir, mais pour gagner du temps et avoir des éclaircissemens sur la constitution future de l’Europe.

La peite de Soissons avait apporté un grand changement dans la situation réciproque des armées. Napoléon avait perdu le fruit de ses longues marches, il était éloigné de sa ligne d’opérations, qui était entre la Marne et la Seine. Il ne pouvait plus espérer d’acculer Blücher à l’Âisne, et de le forcer à une bataille désavantageuse; il crut devoir au moins continuer à manoeuvrer contre sa gauche dans l’espoir de le couper de Laon, de le rejeter dans l’angle

576 EMPIRE. AM l8l4-

formé par l’Aisne et l’Oise, et d’enlever ses communications avec l’armée autro-russe.

Dans la nuit du 4 au 5 mars, le général Corbineau fut détaché de Fismes avec la cavalerie Laferrière, pour aller s’emparer de Reims qu’il était important d’occuper. Il tourna cette ville par la route de Laon, et, le 5 au matin, il enleva les quatre bataillons russes qui y avaient été laissés.

Napoléon se proposait de passer l’Aisne à Béryau-Bac, où la route de Reims à Laon traverse la rivière sur un pont. Pour attirer l’attention de Blücher sur un autre point, il donna l’ordre à Mortier et à Marmont d’attaquer Soissons, et à Grouchy de surprendre Braisne. Soissons était défendu par une forte garnison : la canonnade et la fusillade durèrent toute la journée du 5 , sans autre résultat que la perte d’environ un millier d’hommes de chaque côté. L’attaque de Braisne réussit mieux : la division Roussel culbuta les cosaques de Czernicheff et fit quelques prisonniers.

Le 6, l’Empereur se mit en mouvement sur Laon. La cavalerie de Nansouty surprit à Béry-au-Bac,les grand-gardes de cavalerie russe qui gardaient k pont et les culbuta. A trois heures après midi, l’Empereur et l’armée étaient passés , et en position devant Corbeny.Marmont et Mortier, rappelés de Soissons, étaient en arrière.

" L’occupation de Reims ayant rouvert la communication avec la 2' division militaire , l’Empereur ordonna au général Janssens. qui y commandait,

Page 1