‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 250 sur 300 · CHAPITRE XCIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XCIX

(le réunir les hommes disponibles des dépôts et de les conduire à l’armée. L’Empereur fit remonter au grade de colonel^ et nomma' son aide-de-camp, un de ses anciens camarades au régiment de Lafère , M. de Bussy, émigré, maintenant maire de Baurieux. Dans la nuit arrivèrent des nouvelles du sénateur Rœderer, commissaire extraordinaire à Strasbourg. Dans les Vosges, en Alsace, en Lorraine les garnisons des places , faiblement observées , faisaient des sorties et des excursions contre l’ennemi ; les babitans des campagnes tombaient sur ses bagages et ses détachemens. Sur cette frontière héroïque les dispositions étaient excellentes. Pourquoi n’en avait-on pas plus tôt profité?

Averti du passage de l’armée française à Bery-au- Bac,.Blücher mit son armée en mouvement pour occuper Laon , et se réserva le corps de Sacken et l’infanterie de celui de Wintzingerode pour défendre l’espace compris entre l’Aisne et la Lette. L’ennemi parut sur les hauteurs de Craone ; sa position était très forte, sur un plateau flanqué de profonds ravins; on ne pouvait l’attaquer que de front. Le combat fut terrible. Enfin les Busses furent forcés à se replier et poursuivis jusqu’à Filain. Il y eut de part et d’autre un grand nombre d’hommes hors de combat, et plusieurs généraux blessés.

■ Au milieu de cette victoire sanglante et sans résultat utile, l’Empereur reçut par Rumigny, commis du cabinet, la nouvelle du traité de Chaumont, et du mauvais succès des négociations. Caulaincourt

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demandait des instructions pour un contre-projet. L’Empereur se résignait à faire de grands sacrifices, mais il ne voulait pas ajouter à tant d’humiliations celle de les provoquer par un acte émané de luimême. « S’il faut recevoir les étrivières , dit-il , ce n’est pas à moi à m’y prêter, et c’est bien le moins qu’on me fasse violence ». Il voulait donc que Caulaincourt prolongeât assez la discussion pour parvenir à bien connaître la véritable intention des alliés sur les sacrifices que la France avait à faire. Il craignait d’en dépasser la somme par trop de précipitation. Rumigny remporta cette réponse au lieu du contre-projet. L’Empereur ne pouvait croire que son existence courût des dangers.

Il se décida à attaquer de nouveau Blücher et a le prévenir à Laon. Dans la nuit du 7 au 8 mars, Ney poussa vers cette ville , suivi des autres corps d’armée; mais celle de Silésie y était déjà réunie, forte de cent mille hommes et en ordre de bataille.

Le 8 au matin l’armée française continua son mouvement, elle ne comptait que trente-cinq mille hommes. Ney déboucha par l’Ânge-Gardien surChavignon, chassant devant lui la cavalerie légère russe; il débusqua d’Urcel l’ennemi qui se replia sur Etouvelle et engagea uue vive canonnade; mais arreté par le passage des marais que travereait la route enfilée par une forte batterie, il prit position en avant d’Urcel.

Dans la nuit l’Empereur envoya le chef d’escadron Gourgaud, officier d’ordonnance, avec deux batail*

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