‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 252 sur 300 · CHAPITRE XCIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XCIX

nir dans sa position et d’attendre les évènemens.*

En effet, l’Empereur résolut de faire venir sur Chambéry toutes les troupes qu’il serait possiblé de retirer des 27" et 28“ divisions militaires, en ne conservant que sept ou huit mille hommes pour les citadelles de Turin et d’Alexandrie. En même temps il fit écrire au prince Eugène d’envoyer aussi sur Chambéry tout ce que la position de l’armée d’Italie pourrait permettre d’en détacher sans inconvénient pour elle. C’était au prince Eugène à en juger.

L’Empereur attachait la plus grande importance à là diversion qu’il avait prescrite à Augereau , il en attendait les plus grands résultats par l’influence qu’elle devait avoir sur ses propres opérations. Il * desirait vivement rendre cette diversion toujours plus active et plus puissante, ce qui nécessitait une augmentation de forces. Clarke, engageait donc Eugène à faire, en cette circonstance, tout ce qui serait en son pouvoir, pour répondre aux intentions de l’Empereur et à concourir aussi à l’importante opération qu’il avait ordonnée; son succès pouvait avoir la plus grande influence et contribuer efficacement au salut de la France, qu’on ne pouvait plus attendre que du concours de toutes les volontés, de tous les moyens, de tous les efforts.

Ainsi l’ordre de ramener l’armée dltalie rie fut donné que le 9 févrief. Répété le 17, U ne fut pas maintenu. Les 3 et 4 mars, l’Empereur ne deman-

' Lettre de Clarke, 3 mart.

dait plus que des détachemens qtû pourraient être envoyés sans inconvéniens pour l’armée. Eugène n’en fit pas. Il résulta de cette indécision qu’il ne fin d aucune utilité ni à la France ni en Italie. Du reste

Augereau, de son côté, manqua d’activité et de résolution; perdant de vuele rôle important qu’iUvait à remplir, pour s’occuper d’accessoires , il donna le temps à l’ennemi de réunir contre lui des forces considérables. Les communications avec l’armée d’Itabe devinrent impossibles.

Ce maréchal, qui avait suspendu ses opérations dans le moment où Napoléon repoussait l’armée austro-russe et où elle songeait sérieusement à la fetraite , ne s avisa que le a8 février d’exécuter les ordres de 1 Empereur. Sous tous les rapports , il était trop tard. Il mit ses troupes en mouvement sur Genève. L armée du Rhône fut échelonnée entre Moret et Lons-le-Saulnier. Le i®' mars, Marchand attaqua les Autrichiens , les rejeta sur Genève et emporta le fort de l’Écluse. Le 3, il occupait Ca^ rouge , Very , Saint-Genis. Serré de tous côtés dans une place peu susceptible de défense , Bubna n’était pas sans inquiétude. Sommé par le général Dessaix, il avait déjà chargé un des principaux habitans d’entrer en négociation pour l’évacuation de la ville, lorsque Augereau vint encore une fois le tirer d’embarras. La division Musnier étit ordre de repasser le Jura pour se réunir aux divisions Pannetier et Digeon. Le général Bardet fut obligé de se retirer sur 1« fort de 1 Écluse. Marchand n’était plus en force.

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