CHAPITRE \CIX
Buboa rompit les négociations et resta dans Genève.
Revenant au dernier plan qui lui avait été prescrit , Augereau se proposait de faire lever le siège de Besançon et d’Auxonne, de rallier, aussitôt après la prise de Genève , les troupes de Marchand et la brigade Bacdet, et de déboucher par Béfort sur le Haut-Rhin. Mais il supposait la prise de Genève , et c’était une affaire manquée. Le 5 mars, Gudin attaqua Poligny, où arrivait l’avant-garde de Wimpfen. Elle fut repoussée vers Arbois. Augereau apprit que le général Bianchi avait fait occuper Louhans et marchait sur Chàlons. La nouvelle armée que les alliés avaient décidé, le a5 février, d’envoyer contre lui, s’avançait, à son insu, sous le commandement du prince Hesse-Hombourg , ce qui portait les forces ennemies, dans le midi, à soixante mille hommes. Craignant alors pour Lyon, Augereau replia toutes ses troupes sur cette ville, où, par imprévoyance ou un calcul criminel, rien n’avait été préparé pour sa défense. Dupe de la prudence avec laquelle opéraient les Autrichiens , il voulut occuper Mâcon. Au lieu de s’y porter avec toute son armée , il y envoya, le ii mars, la division Musnier. Les troupes firent des prodiges. Les Autrichiens, d’après leurs propres rapports, crurent être attaqués par quarante mille hommes. Mais Musnier, pour prévenir une perte certaine, ordonna la retraite, et la fit sans être entamé. Le i6,toutel’armée ennemie fut réunie à la droite de la Saône , aux environs de Mâcon.
Aux Pyrénées, le i4 février, Wellington s’était
mis en mouvement et avait repris l’offensive. Débordé par sa gauche , Solilt prit le parti de la retraite. Il la dirigea, non surl’intérieurde laFrance, maisparallèlement à la frontière des Pyrénées ; il gagna Orthés. Le a6 février, les deux armées étaient en présence sous les murs de cette ville. On a reproché à Soult d’avoir abandonné Bayonne, son pointd’appui, la véritable clef stratégique des opérations de la campagne, pour aller se jeter au-devant d’un ennemi plus nombreux, et sur un champ de bataille où toutes les chances étaient contre lui, car il avait laissé la division Abbé à Bayonne, et son armée se trouvait réduite à trente-trois mille hommes. Après avoir laissé des forces devant cette place, Wellington en avait encore plus de quarante-cinq mille.
Il attaqua le a y. Le combat dura toute la journée. Les succès du général Hill menaçant de couper la retraite, Soult l’ordonna. Elle se fit lentement, en bon ordre. L’armée française prit position à Sault de Navailles, sur les deux rives du Luy de Béarn. L’armée anglo- portugaise s’arrêta entre Rotun et Sallespisse. La perte fut de chaque côté d’environ deux mille cinq cents hommes.
Le a8, Soult continua sa retraite. Le mars, il se replia à Aire, abandonnant la ligne d’opérations de Bordeaux, tous les magasins établis dans cette direction , et cette ville importante aux intrigues du parti royaliste qui y appelait l’ennemi. Ayant mis le maire Lynch dans son parti , La Rochejaquelin se rendit auprès du due d’Angouléme et de Wellington