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CHAPITRE XCIX

pour les engager à diriger un corps de troupes sur Bordeaux afin d’y opérer un mouvement royaliste. Le prince accueillit la proposition avec transport , le général anglais favorablement. Il envoya le maréchal Beresford à Mont-de-Marsan pour s’emparer des magasins, et poussa sur Aire le*général Hill. Ses attaques furent repoussées, mais Soult se retira, dans la nuit, par les deux rives de l’Adour, faiblement inquiété par l’ennemi, et prit position à Plaisance, Madiran et Maubourget. Il donna une nouvelle organisation à son armée réduite à trente mille hommes. Les garnisons lui en avaient enlevé près de dix-huit mille. Celle de Bayonne était de treize mille. Il n’avait nuis renforts à attendre, car ce maréchal, comme tous les autres^ n’estimait que les corps réguliers , et méprisait les ressources qu’aurait pu improviser le patriotisme , s’il avait été secondé. Il ne songea à la formation de corps francs que lorsqu’il fut en pleine retraite, sans qu’on sût ce qu’il se proposait.

Depuis qu’il eut abandonné la ligne de Bordeaux, il s’établit des commimications encore plus actives entre le parti royaliste et l’armée anglaise. Le duc d’Angoulême et La Rochejaquelin suivaient le quartier général. A Saint-Sever, un nouveau député, Bontemps du Barry, vint, au nom des royalistes, conjurer Wellington de se porter rapidement sur Bordeaux. Il se décida à y envoyer Beresford avec quinze mille hommes; il partit de Mont-de-Marsan le 8 mars. Pour couvrir ce mouvement, le général

EMPIRE. AW 1814.

Hill s’étendit entre Aire et Garlin, le général Fanfr alla occuper Pau. Wellington transporta son quartier général à Aire , pour attendre la nouvelle de 1 occupation de Bordeaux , et l’arrivée du général Freyre qui venait le renforcer.. '

Il fit répandre avec profusion une proclamation par laquelle il provoquait les soldats et les citoyens à la révolte et à la sédition. Soult y répondit par son fameux ordre du jour de Rabastens du 8 mars : « Soldats, y disait-il, vouons à l’opprobre et à l’exécration générale tout Français qui aura favoriséd’une manière quelconque les projets insidieux de l’ennemi. Quant à nous, notre devoir est tracé : combattons jusqu’au dernier les ennemis de notre chère France et de notre auguste Empereur. Haine implacable aux traîtres et aux ennemis du nom français; guerre à mort à ceux qui tenteraient de nous diviser pour nous détruire; contemplons les efforts prodigieux de notre grand Empereur et ses victoires signalées; soyons toujours dignes de lui; soyons Français, et mourons les armes à la main plutôt que de survivre à notre déshonneur. »

Beresford ne trouva sur son chemin que quelques brigades de gendarmerie qui observaient sa marche. Les populations étaient consternées ; à Bordeaux meme , malgré les efforts du comité royaliste pour soulever le peuple , il restait calme. A l’approche de l’ennemi le sénateur Cornudet, commissaire extraordinaire de l’Empereur, le général Lhuilier, commandant la division et les autorités civiles et

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