CHAPITRE XCIX
militaires sortirent de Bordeaux avec environ cinq cents hommes de garnison. Les royalistes restèrent maîtres. Le la mars, le maire Lynch, ses deux adjoints Tauzia et Montdenard, une partie du conseil municipal , escortés par La Rochejacquelin , de Gomhault, de Saluces, Lautrec, Maccarti, Gauthier, Bontemps du Bary à cheval , allèrent à un quart de lieue de Bordeaux, au-devant de Beresford. « Si vous venez, lui dit Lynch, comme vainqueur, vous pouvez vous emparer des clefs de la ville sans qu’il soit besoin que je vous les donne. Mais si vous venez comme allié de notre auguste souverain Louis XVIII , je vous les offre, et bientôt vous serez témoin des preuves d’amour qui se manifesteront partout pour notre roi légitime ». Ces preuves étaient d’autant plus nécessaires , que jusque là le général anglais n’en avait vu aucunes. Il réitéra les assurances de protection données par Wellington, et promit de traiter la ville en véritable alliée. Aussitôt Lynch détacha son écharpe rouge sous laquelle était une écharpe blanche , prit la cocarde royaliste , rentra à Bordeaux avec Beresford aux cris de vivent les Anglais! vive le roi! le conduisit à l’hôtel-de-ville, lui présenta les notables royalistes , entre autres Taffard Saint-Germain , commissaire du roi. Sur la proposition d'Alexandre de Saluces, le drapeau blanc fut arboré à la principale porte. Cependant Beresford prit possession de Bordeaux au nom de Georges HT.
Ce premier acte accompli, le maire Lynch, ac-
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compagné de royalistes, alla à la rencontre du duc d’Àngouléme , qui cheminait à la suite des Anglais, le harangua, l’introduisit dans la ville, et le mena à la cathédrale où il fut reçu par l’archevêque et son clergé, qui chantèrent le Te Deum. Les royalistes firent de l’enthousiasme, toutes sortes de folies, et entraînèrent une partie de la population. La poésie et les théâtres mêlèrent les noms du duc d’Angoulême et des Anglais , de Louis XVIII et deGeorgesIIi, de Wellington et de Turenne. On fit des vaudevilles à la gloire de nos amis les ennemis. Martignac fiit l’Anacréon de cette impie saturnale.
Le duc d’Angoulême renouvela dans une proclamation les plus belles, les plus brillantes promesses. Les Bourbons ont récompensé , honoré les hommes qui livrèrent Bordeaux. Le sentiment national a toujours et partout flétri ceux qui tendent la main aux ennemis de leur pays. Mais la conduite de Lynch restera à jamais la plus infâme trahison. Maire depuis 1 8og , il s’était montré constamment le magistrat le plus dévoué à la personne de l’Empereur et à la cause de la France. Les journaux étaient remplis de ses discours, de ses protestations.
- Le I®'' mars en remettant solennellement des drapeaux aux cohortes de la garde nationale, il leur disait : « Les enseignes de l’Empire guideront nos frères dans la poursuite des téméraires qui ont tente d’envahir notre territoire. La voix de notre auguste souverain vous appelle à défendre vos murs. S ik étaient en danger, vous me verriez à votre tete