‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 256 sur 300 · CHAPITRE XCIX. 5g I · texte numérisé non relu

CHAPITRE XCIX. 5g I

donner l’exemple du dévoûment ». Et le ia, il Hvrait la ville à l’étranger ! Pour l’honneur de laFrance, Bordeaux n’eut point d’imitateurs.

Voyant que l’armée anglaise restait immobile devant Aire J Soult avait cru pouvoir tenter un mouvement offensif, pour empêcher Wellington de faire un détachement sur Bordeaux. Il poussa une reconnaissance sur Pau. Informé qu’il n’y avait que deux brigades, il se décida à marcher sur Garlin, afin de forcer l’aile droite des Anglais et de réoccuper Aire. Le defaut de vivres que, depuis la perte des magains de Mont-de-Marsan , il ne pouvait se procurer que par réquisition , retarda son mouvement. Le 1 3 mars , il se mit en marche , et replia le général Hill. Mais craignant que Wellington ne le tournât par la vallée de Bigorre , il s’arrêta et se retira. Wellington , renforcé par le corps d’armée de Freyre et la brigade Ponsonby , se disposa à reprendre l’offensive. Il ordonna a Beresford de venir le rejoindre et de laisser la division Dalhousie à Bordeaux.

Lorsque Blücher s’avançait vers la Marne et que Napoléon marchait contre l’armée de Silésie, les coalisés s’étaient décidés à reprendre l’offensive. De Wrède échoua dans une tentative d’enlever par un coup de main Bar-sur-Aube qu’occupait la division Duhesme. Schwarzenberg , avec cent mille hommes, avait marqué son mouvement en deux colonnes qui devaient se réunir à Troyes. Il se proposait de faire menacer la ville de front, tandis que Wittgenstein tournerait les positions d’Oudinot. Le

5gi • EMPIRE. AN l8l4-

maréchal .était tranquille et ne faisait aucune disposition. Il avait même renvoyé son artillerie à Magny-le-Fouchard. L’apparition des cosaques le décida à se mettre en état de défense. A dix heures du matin De Wrède engagea le combat par une attaque sur Bar. Wittgenstein l’attaquait sur la gauche. Le combat se soutint long-temps sur toute la ligne; mais l’ennemi recevant des renforts , et ayant une artillerie de beaucoup supérieure , Oudinot donna vers quatre heures après midi l’ordre de la retraite, elle se fit en bon ordre sur Ailleville. Duhesme qui avait repoussé toutes les attaques de De Wrède contre Bar, fut obligé de suivre la retraite du 7* corps, et évacua la ville. Cette journée coûta aux Français deux mille hommes et un peu plus à l’ennemi. La valeur des troupes suppléa à l’impyévoyance de leur général.

Macdonald continuait son mouvement sur La Ferté pour rejeter l’ennemi sur la rive droite de l’Aube. Il reçut l’invitation d’envoyer la division Ainey et une brigade de cavalerie à Troyes pour la garde du parc. Affaibli par ce détachement, il se décida à se joindre à Oudinot, pour prendre le commandement en chef que l’Empereur lui avait confié. Le 28, il arriva à Bar-sur-Seine. Les deux maréchaux continuèrent leur retraite suivis par l’ennemi. Celle d’Oudinot ne fut sérieusement troublée que par le combat de Laubressel qui fut livré le 3 mars, et Im coûta environ douze cents hommes et trois canons-

Page 1