CHAPITRE LXXXIL
Combat de Wolontina, de Gorodeczna, de Polotsk. — Napoléon marche sur Moscou. —Bataille de la Moskowa. — Combat de Rrinskroié. — Entrée à Moscou. — Ouvertures de paix. — Séjour à Moscou.
Décidé à passer le Borysthène pour poursuivre les Russes, l’Empereur fit réparer les ponts; les travaux furent contrariés par la présence du général Korf dans le faubourg. En attendant, Napoléon chercha un gué en amont , et donna l’ordre à Junot de passer à l’extrême droite à Proudichewo. Avant l’attaquedeSmolensk, Bagration avec la deuxième armée russe avait été détaché, sur la route de Moscou. Barclay venait de prendre celle de Saint-Pétersbourg, cette divergence laissa du doute sur ses projets ultérieurs. Le 19 au matin, Ney et Murat passèrent la rivière pour tomber sur son arrière-garde, tandis que Junot manœuvrerait sur la gauche de l’ennemi. Les divisions Gudin et Compans, du corps de Davoust , prirent position derrière celui de Ney; la garde resta à Smolensk. Ije prince Eugène allait s’y empire VI. a
GG FMPIKE. AN 1812.
rendre. Le.s Polonais devaient continuer leur marclie sur la rive gauche du Borysthène. On apprit par les coureurs qui se répandaient entre les routes de Saint-Pétersbourg et de Moscou , que les chemins de traverse étaient couverts de détachemens qui se rendaient de la première k la seconde. C’était la première armée que Barclay avait mise en mouvement pour rejoindre celle de Bagratiôn. Elle marchait en deux colonnes commandées par les généraux Doctorof et Toueskof; le point de réunion était au passage du Borysthène à Solowiewo. Ney eut à Gorbounowo un engagement sérieux , avec la division du prince Eugène de Wurtemberg chargée de flanquer la marche de la colonne russe la plus rapprochée, et de donner le temps à l’arrière-garde de Rorf de rejoindre. Cette division fut dégagée par les renforts qu’elle reçut.
Touczkof avait atteint les hauteurs de Wolontina, et s’y était réuni aux Cosaques de Karpof, formant l’arrière-garde de Bagratiôn. Ney, que cette action avait entraîné trop à gauche, reçut l’ordre de se rabattre sur la droite , arriva en présence de Tonczkof, vers dix heures, l’attaqua, et, après trois heures d’un combat acharné , le repoussa derrière le ruisseau de Strachan , où il fut renforcé par des corps qui rétrogradèrent pour le soutenir. Cette position couvrait le ralliement des colonnes russes; de sa conservation dépendait le sort de leur armée : Barclay s’y porta. Le comliat recommença des deux côtés, avec courage et acharnement. Murat se présenta