‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 27 sur 300 · CHAPITRE LXXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXII

avec sa cavalerie, culbuta les Coaaquee da Karpof, mais gêné par des marais et des bois, il fut arrêté par (les charges de flanc du général Orlaf'Deniaof. Dans ce moment devait avoir lieu la coopération de Junot, elle.eùt été décisive. Après avoir passé leBorysthène à Pronditchewo, il était resté immobile; il n’avait qu’un pas à faire pour se trouver derrière les Russes ; malgré les instances de Ney et de Murat, il ne voulut jamais déboucher sur la route. Décidé* ment, il avait perdu toute énergie. Il fallut envoyer d’autres troupes au secours de Ney, la division Gudin, du corps de Davoust, eirauite la division Razout , du 3^ corps, et, en réserve, les divisions Ledru et Marchand. A l’arrivée de la division Gudin, Ney renouvela son attaque ; Gudin eut la cuisse ero* portée par un boulet de canon, et fut remplacé par Gérard. L’eanemi fut culbuté, son centre enfoncé; il allait perdre la bataille , lorsque le général Konot* wnitzin arriva, avec une division d’infanterie, plu-* ùeurs bataillons de grentuliers, trois mille chevaux, et rétablit le combat. Vers sept heures, fiaggawouth et Rorf rejoignirent l’armée russe et entrèrimt en ligne. Ignorant cette circonstance, Ney revint à la <barge. De huit à neuf heures, la division Gudin passa le Stragan, s’élança avec fureur sur la droite des Russes, et parvint à demi-portée de mitraille de leur batterie. Mais malgré les plus glorieux efforts, elle fut ramenée par des forces supérieures. Dans cette dernière mêlée , le général-major Touczkof fut fait prisonnier par Étienne , lieutenant de voltigeurs.

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du 12'. Lit nuit sépara les combattans : les deux partis s’attribuèrent l’honneur de la victoire dans cette sànglante échauffourée. Mais la perte des Russes fut au moins compensée par l’avantage d’avoir réuni sur la route de Moscou leurs defnx armées, et de se retirer d’une position vqui aurait dû leur être funeste, si elle avait été mieux prévue et jugée, si Junot avait fait son devoir, et si l’Empereur eût été sur les lieux et eût commandé en personne. Il crut si peu à une affaire aussi séiHeuse qu’il était rentré à cinq heures du soir dans Smolensk , après avoir pourvu aux principaux incidens , et envoyé son aide-decamp Gourgaud, pour faire coïncider les mouvemens de Ney, Murat et Junot. L’absence de Napoléon fut un malheur , sinon une faute.

En apprenant, à minuit, l'issue de cette bataille, son premier mouvement fut d’ôter à Junot le commandement de son corps , et de le donner à Rapp. Il monta à cheval. A. trois heures du matin il était arrivé sur le terrain , l’ennemi était en pleine retraite ; Murat, avec la cavalerie, se mit à sa poursuite, soutenu par le corps de Davoust qui remplaça celui de Ney. L’Empereur s’entoura successivement de chaque régiment de ce corps et de la division Gudin ; il interpella à haute voix les officiers, les sous-officiers et les soldats de lui nommer les plus braves, et sur leur désignation, il décerna des grades et des décorations. Le 1 27' régiment n’avait pas encore conquis son drapeau , Napoléon lui remit une aigle. Gudin , transporté à Smolensk , mourut de sa

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