CHAPITRE C
ment était méconnu, et de ce qu’on pouvait tout compromettre en ajournant les déterminations. Il insistait sur les dangers qui menaçaient la France et le trône impérial, et conjurait l’Empereur de les prévenir, en faisant des sacrifices, en les faisant à temps. Il était convaincu que si l’on ne remettait pas le contre-projet demandé, et s’il ne contenait pas des modifications aux bases de Francfort], tout était fini. On ne voulait qu’un prétexte ; et faute de se décider à prendre le parti qu’exigeaient les circonstances , tout échapperait sans qu’on pût prévoir quand et comment on pourrait revenir à des idées de conciliation. '
Pour augmenter les perplexités de Caulaincourt , Metternich lui écrivait le 8 marè que toute la négociation dépendait de l’Angleterre ; qu’il était nécessaire de la terminer au plus vite; que la cession d’Anvers était une condition absolue. I.ord Aber- * deen disait que l’Empereur aurait lieu de se repentir de n’avoir pas conclu la paix.; qu’il ne se trouverait jamais en Angleterre, des ministres'aussi bien disposés pour la paix. Tous les deux faisaient] des reproches sur la lettre que Napoléon avait écrite à son beau-père.
Enfin , arriva le 10 mars. Une nouvelle instruction avait été adressée, le 9, de Chaumont, aux plénipotentiaires. Le contre-projet attendu de Caulaincourt , lors même qu’il ne s’éloignerait pas des bases
* Lettres des 5 et mars.
établies dans le projet de paix préliminaire, ne pouvait être reçu que ad referendum. Si le plénipotentiaire français ne donnait aucune réponse , Une conférence serait indiquée pour le 1 1 , et on lui déclarerait que les négociations étaient rompues.
La cinquième conférence s’ouvrit par les plaintes de Caulaincourt sur l’arrestation de ses courriers et les retards qu’éprouvaient ses communications avec l’Empereur. Les plénipotentiaires en prétextèrent cause d’ignorance. 11 fit ensuite insérer au protocole par ordre de sa cour de longues observations. Il revenait sur la prétention injuste de réduire la France à ses anciennes limites, tandis que les alliés gardaient des accroisseniens ; sur la convenance et la nécessité d’évaluer la puissance relative des états et de conserver entre eux un équilibre; enfin sur toutes les questions auxquelles les alliés avaient coupé court par leur projet de paix préliminaire.
Les plénipotentiaires ne prirent pas la peine de discuter ces observations, et se bornèrent à répondre qu’elles ne satisfaisaient pas à leur demande du 28 février. Là-dessus ils se disposaient à lever la séance, lorsque Caulaincourt déclara verbalement que l’Empereur était prêt à renoncer, par le traité à conclure, à tout titre exprimant des rapports de souveraineté , de suprématie , protection , ou in* fluence constitutionnelle, avec les pays hors des limites de la France; à reconnaître l’indépendance de 1 Espagne, dans ses anciennes limites, sous la souveraineté de Ferdinand VII, l’indépendance de l’I-