‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 264 sur 300 · CHAPITRE C. 6oS · texte numérisé non relu

CHAPITRE C. 6oS

reur, si l’esprit qui régnait dans cette pièce était celui qui présidait encore à ses conseils, toute paix était impossible , les armes décideraient du sort de l’Europe et de la France. Les questions étaient trop fortement placées pour qu’il fût possible d’écrire des romans, sans de grands dangers pour l’empereur Napoléon. Il y aurait des attaques très personnelles contre lui qu’on n’était plus maître d’arrêter. Il dépendait encore de lui de faire la paix ; peut-être ne le pourrait-il plus sous peu de jours. Le trône de Louis XIV avec les ajoutés de Louis XV, offrait d’assez belles chances pour ne devoir pas être mis sur une seule carte. ‘

Ces insinuations étaient faites du ton le plus amical pour la France, la dynastie napoléonienne et le plénipotentiaire français. Au fond elles annonçaient l’arrêt de mort de Napoléon. Caulaincourt devait-il accepter le traité préliminaire ? Le pouvait-il ? Il n’avait plus carte blanche. Son acceptation aurait-elle assuré la paix? Il est permis d’en douter. Il avait demandé de nouvelles instructions , il les attendit.

Lorsque l’Empereur exécutait son mouvement contre Schwarzenberg , la négociation était rompue, et il l’ignorait. Il répondit aux dépêches de Caulaincourt du 1 3 mars , et loin de le mettre en état de conclure, il lui donnait l’autorisation de faire les concessions qui seraient indispensables pour maintenir l’activité des négociations, et arriver enfin à connaître

‘ Lettre du 1 8 mars.

(iofl EMPIRE. — AN j8l4- I

Yultimatum des alliés , bien entendu que le traité aurait pour résultat l’évacuation du territoire et le renvoi de part et d’autre de tous les prisonniers. '

D’après les développemens donnés à ces india- | tions par le ministre, Maret, la Belgique, Anvers, les provinces du Rhin, l’Italie, les colonies, tout était remis en question. Ainsi , dans son contre-projet, Caulaincourt avait été plus loin que ne l’avait voulu l’Empereur.

Le porteur de ces dépêches trouva le plénipotentiaire revenant de Châtillon au quartier général de Napoléon. Elles étaient désormais sans objet. Caulaincourt écrivit pourtant, de Joigny, à Metternich que les dépêches qu’il venait de recevoir augmentaient tous ses regrets, qu’elles ne lui laissaient pas de doute sur la possibilité qu’on aurait eu de s’entendre même à Châtillon. Évidemment il se flattait d’un vain espoir, car les lettres du 1 7 n’étaient pas propres à amener une solution.

Schwarzenberg s’était replié sur Troyes ; les gros bagages avaient reculé plus loin. Il avait même été question de se retirer jusqu’à Bar. On assure que l’empereur Alexandre voulait qu’on envoyât à Chatillon pour accepter les propositiôns de Caulâiucourt. Dans son anxiété, l’empereur de Russie dit que la moitié de sa tête en grisonnerait.

Le 20 , Napoléon se dirigea de Plancy sur Arcis,

' Lettre de Reims du 17 mars.

’ Wilson et Beauchamps.

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