‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 265 sur 300 · CHAPITRE C · texte numérisé non relu

CHAPITRE C

qu’il considérait comme point de départ pour attaquer les ennemis. Arcis était évacué; il établit ses troupes en avant de cette ville, sur Ip ro.utes de Troyes et de Lesmont. •

Honteux du- rôle des armées alUées qpe battait ou contenait une poignée de Français, l’empereur Alexandre avait repris courage et déclaré dans un conseil qu’il fallait se réunir à Blücher et agir avec une seule masse sur Paris. En conséquence, Schwarzenberg changea de plan , se concentra dans les en- , virons d’ Arcis, et donna l’ordre à de Wrède de réoccuper cette ville. Napoléon y arriva à une heure après raidi. Au lieu de n’y trouver qu’un point de départ pour poursuivre l’ennemi , il se vit obligé d’y soutenir un combat défensif.

A deux heures après midi, de Wrède commença son attaque. L’infanterie française maintint sa position, et défendit avec succès le village du Grand- Torcy, mais la cavalerie fut renversée par celle des alliés. Les fuyards se jetèrent sur les ponts d’Arcis.

Si l’ennemi les avait enlevés, la gauche des Français aurait été coupée. Napoléon mit l’épée à la main, et après beaucoup d’efforts parvint à rallier sa droite. Les ponts furent conservés, et le reste de l’infanterie passa à la gauche de l’Aube. Le combat dura jusqu’à minuit. L’armée se maintint dans sa position. Dix mille hommes y avaient lutté contre trente mille. Elle fit des pertes sensibles. Le général Janssens y fut blessé mortellement.

Schwarzenberg n’ayant engagé que la moindre

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partie de ses forces, Napoléon crut qu’il n’avait voulu que masquer sa retraite, et se détermina à le poursuivre. Il s’était renforcé. Le 21 au matin, Macdonald lui amena douze mille hommes. Vers huit heures , il porta son armée au-delà de l’.àube. Arrivée sur le plateau en avant, son avant-garde découvrit l’armée ennemie en bataille préparée à le recevoir. Plus de cent mille hommes en attendaient moins de trente mille. Hasarder ses dernières ressources dans un combat aussi inégal, c’eût été une grande imprudence. L’Empereur ordonna la retraite.

De son côté, Schwarzenberg attendait avec la confiance du succès l’attaque de l’armée française. Enfin ayant vu clairement qu’elle se retirait, il se décida à mettre son armée en mouvement. Craignant toujours une manoeuvre sur Brienne, il porta son aile droite au-delà de l’Aube. Le prince de Wurtemberg, avec son corps et la plus grande partie de l’armée , avait déjà dépassé l’Aube, il ne restait sur la rive gauche que le corps d’Oudinot, chargé de couvrir la retraite. Il fut rudement abordé par l’ennemi, qui pénétra dans la ville et l’obligea à repasser la rivière.

Convaincu qu’il n’y avait plus rien à espérer de ces combats partiels, qui n’amenaient aucune solution, et que demeurer entre la Seine et la Marne, c’était la certitude d’être accablé par l’immense supériorité des ennemis , Napoléon revint au projet qu’il avait nourri dès le commencement de la cam-

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