‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 266 sur 300 · CHAPITRE C · texte numérisé non relu

CHAPITRE C

pagne, de manœuvrer sur leurs communications. La chance était hasardeuse, il découvrait Paris; mais s'il réussissait, il tirait de puissans renforts des garnisons de la Lorraine et de l’Alsace, il encourageait l’insurrection des départemens foulés par l’ennemi, il le privait de toutes ses grandes réserves de munitions, et l’attirait nécessairement sur un terrain où les places favoriseraient ses opérations stratégiques.

Après avoir rappelé à lui les maréchaux Marmont et Mortier, et le général Pactod avec un convoi d’artillerie, dans la soirée du ai mars, l’Empereur poussa, avec sa garde, jusqu’à Sommepuis; le reste de son armée s’échelonna de ce bourg à l’Aube. Le aa , il passa la Marne au gué de Frignicourt. Ney fit une tentative sur Vitry. Cette place était défendue par cinq mille cinq cenls hommes et quarjmte bouches à feu; ce n’était pas le cas de s’amuser à un siège. L’Empereur renonça à une attaque de vive force. Ses troupes prirent position à Vitry-le-Brûlé ; l’Empereur passa outre et s’avança, le a3, à Saint-Dizier.

C’est là que Caulaincourt, après les nombreux détours qu’il avait été forcé de subir, rejoignit le quartier impérial. Sa présence, c’était la rupture des négociations, tout espoir de paix évanoui, la continuation de la guerre, d’une guerre qui menaçait d’engloutir Napoléon et l’Empire.^ I>e sourd mécontentement qui régnait parmi les chefs de l’armée éclata en alarmes, en plaintes, en blâmes; l’Empereur feignit de ne pas s’en apercevoir : le 24 , il vint à Vassy.

EMPIRE, Vt. 3<J

6lO KMPIUE. A.N 181/1.

Pendant toute la journée du 22, .Schwarzenberg était resté dans l’indécision sur le véritable mouvement de Napoléon. Dans la matinée du 23, il reçut des dépêches enlevées à un courrier français, parmi lesquelles se trouvait une lettre de Napoléon annonçant son projet à l’Impératrice.

Un grand conseil se tint chez l’empereur Alexandre ; deux plans d’opérations y furent débattus. Le premier était de suivre l’armée française par une ligne parallèle, et que l’armée austro-russe se retirât par Vandœuvre, Bar-sur-Seine et Châtillon; le s^ cond était d’abandonner la ligue d’opérations actuelle, de se réunir à l’armée de Blücher, et de s’ouvrir une nouvelle ligne d’opérations par la Belgique. Des avis, récemment parvenus de Paris aux souverains, leur annonçaient que la révolution préparée parla défection et la trahison n’attendait que leurs armées |)our éclater. Il fut décidé que l’armée austro-russe .se réunirait à l’armée de Silésie et manœuvrerait sur les flancs et les derrières de l’armée française.

Le 24, Schwarzenberg apprit que l’armée de Silésie occupait Châlons, que la cavalerie de Wintzingerode était près de cette ville à Vatry : la jonction des deux armées était assurée; alors il dirigea ses colonnes sur Vitry. Arrivés à peu de distance de cette ville, les souverains s’arrêtèrent subitement, et sur un tertre, à côté de la route, réunirent l’étatmajor général en conseil pour donner communication des nouvelles de Paris; elles étaient apportées par un envoyé porteur d’un billet de Talleyrand ainsi

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