CHAPITRE C
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conçu : « Vous pouvez tout et vous n’osez rien : osez donc une fois. » L’assurance fut donnée que Paris n’était pas en état suffisant de défense, qu’il ne serait pas défendu. Le conseil décida que les armées coalisées s’y rendraient à marches forcées , et que Wintzingerode, avec sa cavalerie, se mettrait à la suite de Napoléon vers Saint-Dizier, et chercherait, par tous les- moyens, à lui faire croire qu’il était suivi par toute l’armée coalisée. ,
Intimidé par la défaite du corps de Saint-Priest à Reims, Blücher était resté plusieurs jours derrière l’Aisne. Le i8 seulement, voyant que Napoléon manœuvrait vers l’Aube , il se décida à suivre son mouvement et à se rapprocher de Schwarzenberg. Marmont, qui était à Bery-au-Bac avec neuf mille hommes, craignit d’avoir sa retraite coupée, fit sauter le pont et se replia sur Fismes , où Mortier fit sa ' jonction. L’Empereur leur avait envoyé l’ordre de venir le joindre à Vitry par Reims, Épernay et Châ'lons; ils ne le reçurent, dit-on, que le ai au soir, ils n’étaient plus à Fismes, ils avaient poussé à Fèreen-Tardenois. Si le fait est vrai, les maréchaux' ne pouvaient plus, sans danger, prendre ia direction presbrite. Ils firent un détour par Château*-Thierry, Montmirail, 'Étoges et Bergères, et, le a4, ils continuèrent leur 'mouvement sur Vatry, point inter*médiaire entre Châlons et Vitry. C’était trop tard, la jonction n’était plus possible, le but était manqué, le mouvement des deux maréchaux était fiineste; il ne leur restait plus qu’à battre en retraite.
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C’est alors qu’à Vitry, encouragés par les commua nications qu’ils avaient reçues de Paris, les coalisés publièrent cette fameuse déclaration où se révéla ouvertement leur projet de séparer la France de Napoléon pour le détrôner plus facilement. Ils prirent pour texte la rupture de la négociation deChâtillon. Ils expliquèrent les motifs qui les avaient portés à l’entamer, les causes pour lesquelles ils l’avaient rompue. Ils rejetèrent, comme de raison, tous les torts sur Napoléon. C’était une répétition de tout ce qu’avaient dit à Châtillon leurs plénipotentiaires, un fatras ampoulé de vérités et de mensonges. On y lisait des phrases plus significatives. On y expliquait ainsi la transition rapide des bases de FrancfortàWtîmatum de Châtillon , et à pire encore. « IjR marche des évènemens avait donné, dans ce moment, aux cours alliées, le sentiment de toute la force de la ligue européenne. Les principes qui présidaient aux conseils des souverains coalisés , dès leur première réunion pour le salut commun , avaient reçu tout leur développement. Rien n’empèchait pfus qu’ils exprimassent les conditions nécessaires à la reconstruction de l’édifice social. Ils pouvaient espérer que l’expérience des derniers temps aurait influé sur un conquérant, en butte aux reproches d’une grande nation , et témoin , pour la premier® fois, dans sa capitale, des maux qu’il avait attires sur la France; cette expérience pouvait l’avoir conduit au sentiment , que la conservation des trônes s® lie essentiellement à la modération et à la justice--