CHAPITRE LXXXII. 6f
blessure, el fut enterré à la citadelle. Pour caractériser ce général , il sufiBt de dire que sa mort frappa de consternation l’armée et son chef.
Une des plus belles occasions 'de la campagne encore perdue, les désastres et les calamités qui environnaient l’armée, la pénurie des subsistances et des approvisionnemens , l’insufOsance des hôpiitauxpour le grand nombre de blessés et de malades., l’incendie et le ravage propagés par les Russes, la désertion des habitans, l’exaspération des peuples , tant d’obstacles et de difficultés jetèrent Ilapoléon dans de nouvelles perplexités. Ses plus grands admirateurs le représentent, de retour à Smolensk , assiégé d’une foule de pensées , abandonné à une rêverie profonde, ne pouvant se défendre d’un moment de dégoût, se sentant découragé , hésitant à aller plus loin , parlant du projet de s’arrêter. Il donna des ordres pour former des établissemens administratifs, pour explorer les rives fertiles de la Kmora. Il projeta d’amasser des approvisionnemens suffisans pour l’époque de la rentrée de ses troupes. On était alors dans l’incertitude sur les opérations des deux ailes de l’armée. Leur situation mieux connue déterminera les résolutions.
A la droite, Sbwarzenberg avait couru au secours de Reynier, après l’échec qu’il avait essuyé à Kobrin , rallié ce général , et marché sur Tormazof pour le rejeter en Volhynie , et dégager les communications avec le duché de Varsovie.
La rencontre eut lieu le i a août à Gorodecxna.
rn ' EMPIHE. AN 1812.
Tormaeof n’avait pas vingt-cinq mille hommes en ligne; Schwarzenberg en avait quarante mille» Il ne^ sut ou ne voulut pas profiter de sa supériorité et de ia mauvaise position de l’ennemi. Il manœuvra pour déborder la gauche des Russes avec les Saxons, mais U ne les soutint pas assez vigoureusement. A midi, Tormazof , voyant le danger qui menaçait sa gauche, ordonna à Kamenskoi un changement de front en arrière. Reynier se prolongeait toujours sur sa droite. Tormazof y dirigea toutes ses forces. Par ce revirement fait à propos dans son ordre de bataille, il tint tête jusqu'à la nuit à Reynier qui ne se trouva plus assez fort. Les alliés avouèrent dans leurs rapports une perte de deux mille hommes , et les Russes une de trois à quatre mille. Torroasof profita de lu nuit pour faire sa retraite. .
A la gaudte, après la bataille de KJiatitsy, Witigenstein manœuvra pour se replacer dans une position centrale entre Oudinot et Macdonald. Assuré de son côté d’être renforcé par les Bavarois , Oudinot se détermina à reprendre l’offensive, sortit de Polotsk et poussa une avant-garde à Swolna ; Wittgenstein l’attaqua le 12 avril et la délogea. Le maréchal , sentant qu’il aurait fait plus sagement d’attendre Saint-Cyr, rétrograda sur Pôlotsk, et fut suivi par les Russes. Rejoint par les Bavarois, il rangea son armée dans la plaine en avant de la ville. Igtiorant probablement la présence de Saint-Cyr , Wittgenstein attaqua le 1 7 ; on se battit jusqu’il la nuit
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CHAPITRÉ LXXXH. 'J I
sans auti'e résultat qu’une perte réciproque d’environ ' deux mille hommes. Oudinot fut blessé. Saint-Cyr prit le conwnandeinent.
Le général russe ayant i-econnu qu’il avait affaire à des forces supérieures, renonça à l’offensive; craignant d’un autre côté,’ en hâtant sa retraite, qu’elles ne tombassent sur lui, il resta dans sa position, le i8) fit bonne contenance et même des démonstrations d’attaque sur ses deux flancs. Saint- , Cyr ne prit pas le change, et attendit de pied ferme.
A midi voyant que les Russes ne prenaient pas l’offensive, il résolut de les attaquer, et pour leur en imposer, il fit des dispositions de retraite. Ils donnèrent dans le piège , et se préparèrent à déboucher en masse par la rive droite de la Polota^ A cinq heures, Saint-Cyr attaqua leur gauche et leur centre, refoula tout ce qui résistait, et pénétra jusqu’à Presmenitza. Les réserves et la cavalerie russe arrêtèrent ses colonnes, et les repoussèrent à leur tour. Le combat se termina dans la position occupée le matin par l’ennemi, qui profita de la nuit pour se replier sur Gamsélowo.. Les Russes perdirent plus de deux mille hommes et dix canons; la perte des Français, en hommes , fut. à-peu-près égale. Les généraux bavarois Deroy et Siebein, et le général Verdier furent blessés; les deux premiers moururent de leurs blessures. Maison remplaça. Verdier. Vu la supériorité des^Françaisj-on ne peut mettre la bataille de Polotsk au nombre deieurs victoires; cependant elle rassurait sur la gauche de l’armée. Aussi
7^ EMPIHK. AW i8ia.
valut-elle àSaint-Cyr le bâton de maréchal : il l’avait > gagné par de longs et brillans services. L’Empereur donna une dotation à la famille du brave général Deroy.
Il ne se passait rien de remarquable du côté de Macdonald. Depuis la destruction des ouvrages de Dunabourg, la brigade Ricard avait quitté cette ville; le maréchal avait rapproché son aile droite de Jakobstadt; le corps prussien occupait Mittau et observait toujours Riga.
Tranquille sur ses ailes, et informé que les Russes hâtaient leur retraite sur Moscou, Napoléon fit marcher son armée dans cette direction. On espérait les entamer sérieusement dans cette retraite. Barklay prit position sur la rive droite de la Lougea ; on ne douta pas qu’il ne voulût accepter' la bataille. Dans la nuit du 24, l’Empereur partit avec sa garde, espérant rejoindre l’ennemi, arriva, le a5, sur le terrain; les Russes n’y étaient plus. Murat, dans son impatience, avait lancé sa cavalerie contre leur gauche; Davoust, plus prudent, ne voulut pas engager une affaire générale; ils ne furent pas d’accord; l’attaque n eut pas lieu. Les Russes , craignant d’étre coupés , abandonnèrent leur position dans la nuit du a3 au a 4. On les suivit; ils évacuèrent Dorogobuje, et atteignirent Wiazma. Lorsque Napoléon entra dans Dor<^obuje, la ville était en flammes et abandonnée par ses'habitans, il prit son logement dans un petit batiment dépendant d’un reste de cbâteau-fort. Là, décide a marcher sur Moscou, dont on n’était
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