‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 270 sur 300 · CHAPITRE C · texte numérisé non relu

CHAPITRE C

Giy

Patrice et le roi de Rome resteraient dans la capitale menacée d’un siège. Les uns , parmi lesquels se distingua Boulay de la Meurthe, voulaient qu’ils restassent, leur départ serait le signal du découragement, d’un sauve qui peut; leur présence soutiendrait le courage des défenseurs; c’était le moment d’une résolution à la Marie-Thérèse : l’Empereur pouvait arriver. En cas de malheur, du moins ITmjiératrice serait là, imposant aux étrangers et stipulant les droits de son époux, ceux de son fils. Les autres, peu confians dans la défense , croyaient qu’en sortant de Paris , le conseil de régence emmènerait ^ avec lui gouvernement, autorités, tout, n’y laisserait personne avec qui l’ennemi pût traiter, et le mettrait, ]iar cet état de désorganisation, dans un grand embarras; que la régence établie sur la Loire aurait toute liberté d’action, de communication avec l’Empereur, et ferait avec succès un appel à la France. Cependant les premiers étaient en majorité et l’emportaient : on allait rester. Mais la question n’avait pas été posée comme l’entendait l’Empereur; il n’avait calculé ni prévu les suites de la présence ou du départ de la régence. Il aimait mieux voir son fils dans la Seine que dans les mains des ennemis de la France. Il voulait qu’on le fit partir, s’ils s’avançaient sur Paris avec des forces telles que toute résistance devînt impossible. C’étaient les termes de sa lettre du i6 mars à Joseph, il la montra au conseil : le cas était-il arrivé? la résistance était -elle impossible? On le jugea ainsi en décidant le départ. Talleyrand était

là présent au conseil ; on dit qu’il combattit le départ; certes, ice n’était pas pour sauver l’Empire.

Ee jour même les habitans de Paris virent donc, <lun œil triste, défiler le piteux cortège de larégence. Impératrice, roi de Rome, trésor, voitures de parade et du sacre, grands dignitaires, grands officiers, ministres, papiers et employés, chambellans, cour et gouvernement : le roi de Rome ne voulait pas quitter les Tuileries, il fallut l'enlever de force. Marie-Louise se laissa emmener triste et résignée, c était tout ce «que lui permettait sa nature. 1 , .

. Talleyrand se présenta à la barrière de l’Étoile, en voiture, ses gens en grande livrée. Les préposés 1 arrêtèrent demandant les passeports; ils crièrent: « Le prince vice-grand électeur ». On le laissait passer. Le prince répondit que, n’ayant pas de passeports, il ne violerait pas la consigne, et retourna à son hôtel. C était une chose arrangée : il jouait parfaitement son rôle. '

Du conseil de régence, il ne resta plus à Paris que le roi Joseph, quelques ministres, entre autres celui de la police, Savary, Regnaud de Saint Jean d Angély , un des chefs de la garde nationale. Les

Napoléon dit, le la aynl, an préfet da palais de Bausset ;

« Les circonstances n’étaient plus les mêmes; il fallait se régler conformement aux nouvelles. La seule présence deXouise à Paris aurait suffi pour empêcher et prévenir la trahison et la défection. Je serais encore a la tête d’une armée redoutable ; j’aurais forcé les ennemis à quitter Paris et à signer une paix hoiKwable. -

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