CHAP1TR.E C
Giq
autorités locales étaient à leur poste, Hulin, commandant de Paris, Pasquier, préfet de police, Chabrol,'préfet 'du département, tous les deux prêts à se ranger du côté des Bourbons. Dans sa lettre du i6 marsj l’Empereur n’avait ordonné le départi que des premiers officie» du sénat; il ne soupçonna pas les sénateurs, -ils demeurèrent. Si le conseil de régence avait été capable de quelque prévision, il n’aurait pas dû partager cette confiance, il était averti du danger. s i'
Âu point où les choses étaient parvenues, il était difficile que lies fonctionnaires les plus attachés à l’Empire ne fussent pas alarmés' sur son sort et sur celui de Napoléon; mais ils ne. faisaient pas de vœux {mur les< Bourbons. Ainsi dans le sénat, excepté un très petit xtombre de membres,, complices de la restauration, et qui se révélèrent >quand ils le purent sans danger, tous les autres ne voulaient que. délibérer sur lesigrands intérêts de l'état. Réunis' en conférence au nombre de trente. Us en firent demander l’autorisation à l’Impératrice, le jour même de son départ.' Leur pensée était de oonsei'ver le trône , à Napoléon 11, ils fondaient quelque espoir sur l’Autriche. La régence, iqui se mettait. en- déroute, avait bien autre chose à faire; laisser derrière elle les sénateurs dans; de teUes dispositions , c’était une grande faute. .
Le roi 1 Joseph, lieutenant de l’Empereur, fit la {)roclamation suivante : > .
«Citoyens de Paris, une , colonne ennemie s’est
6aO EMPIRE. AN 1814.
portée sur Meaux. Elle s’avance par la route d’Allemagne, mais l’Empereur la suit de près à la tête tl une armee victorieuse. Le conseil de régence a pourvu a la surete de l’Impératrice et du roi de Rome. Je reste avec vous. Armons-nous pour défendre cette ville, ses monumens, ses richesses, nos femmes, nos enfans, tout ce qui nous est cher. Que cette vaste cite devienne un camp pour quelques instans, et que l’ennemi trouve sa honte sous ces murs qu’il espère franchir en triomphe. L’Empereur marche à notre secours ; secondez-le par une courte et vive résistance, et conservons l’honneur français.»
Pour avoir le droit de parler ainsi, et pour trouver de l’écho dans l’âme des Parisiens , il aurait fallu les accoutumer de loin à ce langage, et s’adresser surtout à cette partie du peuple qui, au jour du danger, ne craint pas de présenter sa poitrine aux baïonnettes ennemies. Il aurait fallu qu’on ne dédaignât pas de rallier aux drapeaux de la garde nationale bourgeoise , trente mille ouvriers dont on refusait les généreux services. Il aurait fallu des chefs choisis par les soldats parmi des braves éprouvés. Il aurait fallu des canons , des fusils , des munitions, armer tous les hommes de bonne volonté, ouvrir tous les magasins, appeler tous les dépôts qu on avait à portée. Les ressources ne manquaient pas ; on ne voulut pas les employer, ou bien l’on ne sut pas s’en servir. A quoi bon les proclamations quand les actes n’accompagnaient pas les paroles?
Le a8, Compans ne pouvant plus tenir à Meaux,