CHAPITRE CI
ateliers, édifices militaires et magasins resteront dans l’état où ils se trouvaient avant la cajfitulation ; 5® la garde nationale ou garde urbaine est entièrement séparée des troupes de ligne; elle sera conservée, désarmée ou licenciée, selon que les souverains alliés le jugeront nécessaire; 6® le corps de la gendarmerie municipale partagera en tout le sort de la garde nationale; 7® les blessés et maraudeurs qui, après sept heures, seront encore à Paris, seront prisonniers de guerre; 8“ la ville de Paris est recommandée à la générosité des hautes puissances.
Vers dix heures du soir. Napoléon n’était plus qu’à cinq lieues de Paris; il relayait à Fromenteau près les fontaines de Juvisi, lorsqu’il apprit qu’il arrivait quelques heures trop tard; que Paris venait de se rendre et que l’ennemi devait y entrer au jour. Quelques troupes qui évacuaient la capitale , étaient déjà arrivées dans ce village. Les généraux se pressaient autour des voitures; parmi eux se trouvait l’aide major-général Belliard. Il donna à l’Empereur les détails de tout ce qui avait amené cette catastrophe. Le premier mouvement de Napoléon fut de pousser droit sur Paris avec les corps des deux maréchaux , d’y faire irruption , le 3i , au moment où les souverains y feraient leur entrée triomphale et seraient engagés avec leurs colonnes sur les boulevards. Il espérait que la population, mal disposée pour eux , le seconderait. On objecta que ce serait violer la convention en vertu, de laquelle les troupes évacuaient Paris, et d’ailleurs
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qu’elles étaienttrop fatiguées et en trop petit nombre; enfin , que si cette entreprise audacieuse échouait, l’existence de la capitale serait compromise. Napo> léon y renonça, et ordonna que les corps de Mortier et de Marmont prissent position derrière la rivière d’Essonne.
Dans cette extrémité, il envoya Cauiaincourt à Paris voir s’il n’était pas encore possible d’intervenir au traité , et lui donna tout pouvoir. Il expédia un courrier à l’Impératrice et passa le reste de la nuit à attendre des nouvelles. Napoléon n’était séparé que par la Seine des avant-postes ennemis , qui s’étaient répandus dans la plaine de Villeneuve Saint-Georges. Les feux de leurs bivouacs éclairaient les collines de la rive droite , tandis que Napoléon , sur la rive opposée, attendait, dans l’obscurité , avec deux voitures de poste et quelques serviteurs. A quatre heures du matin , un piqueur dépêché par Caulaincourt , vint annoncer que tout était consommé, la capitulation signée , et que les alliés entreraient le matin même dans Paris. Napoléon rebroussa chemin) et s’en alla à Fontainebleau.
Le 3i , la garde nationale releva les postes intérieurs et prit la garde des barrières , que tenait encore l’armée. Le corps de Mortier sortit aussitôt après, sous les ordres de Curial, par le pont d’Austerlitz et la barrière de Fontainebleau , et s’établit militairement en arrière de Villejuif. A quatre heures du matin , le corps de Marmont se mit en mouvement pour rejoindre celui de Mortier.
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