CHAPITRE LXXXIt
plus éloigné que de huit marches, avant de pénétrer plus avant, il dicta et expédia ses instructions à tout ce qui était derrière lui, au ministre Maret, aux maréchaux Victor, Macdonald, Saint-Cyr, au prince Schwarzenherg. Prévoyant le cas où Wittgenétein et Tormazof viendraient à intercepter momentanément les communications , il leur écrivit de se tenir pour avertis, d’étudier la position générale et de le seconder. Smolensk , où il plaçait un chef qui pût au besoin prendre le commandement, et agir selon les circonstances, était une position fortifiée, sur laquelle une réserve s’appuierait avec solidité, et serait le centre des communications. Il recommandait à Schwarzenherg de pousser plus vivement Tormazof; à Saint-Cyr, de contenir Wittgenstein ; à Macdonald, de se porter tout entier sur Riga et d’investir la place. C’était Victor, avec le 9® corps, qui occuperait Smolensk pour faciliter et assurer les communications, et maîtnser les évènemens qui surviendraient en arrière. U aurait le commande- ment supérieur en Lithuanie , et de toutes les troupes laissées en échelon sur la route de l’armée; il dirigerait ses forces suivant le besoin du moment, et toujours vers le but général; il partagerait sa surveillance journalière entre la route de Wilna à Smolensk, et celle de Smolensk à Moscou; il formerait'
la réserve de l’armée; si la route de Smolensk était
mterceptée, il s’avancerait avec toutes ses forces pour la rouvrir. L’Empereur pouvait ne pas trouver la paix où il allait la chercher; mais appuyé sur une
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i-éserve Rusei forte et aussi bien placée, sa retraite se ferait avec sécurité et sans précipitation. Augereau, qui avait cinquante mille hommes sur VOder, porterait des divisions à K-oenigsberg , à Varsovie, à Kowno, pour garder les ponts. Les premiers bataillons des cohortes qui avaient été instruits dans les places du Rhin se rendraient sur l’Elbe; la conscription de i8i3 serait levée. On ne rapporte que la substance des instructions et des ordres de l’Empereur. Sa prévoyance entra dans tous les détails propres à en assurer l’intelligence et l’exécution.
Le a8, l’ennemi envoya demander des nouvelles de l’oÉBcier Orloff, qui était venu en parlementaire à Smolensk. On l’avait retenu pour qu’il ne fut pas témoin des mouvemens de l’armée, et, depuis, réexpédié. Dans la réponse qu’il dictâàBerthier, l’Empereur expliqua les causes de ce retard, et saisissant cette occasion de montrer des dispositions pacifiques, il écrivit, de sa propre main sur la minute de la lettre, la nouvelle proposition d’un cartel d’échange, et d’un mode de communication des deux armées ; il exprima le désir que l’empereur de Russie, pour diminuer les maux de la guerre, laissât des gouverneurs civils. Enfin il ajouta : « L’Empereur â qui j’ai communiqué cette lettre , me charge de vous prier de faire ses complimens à l’empereur Alexandre, s’il est à l’armée, ou au premier rapport que vous lui ferez. Dites-lui que, ni les vicissitudes de la • guerre, ni aucune circonstance, ne peuvent altérer l’estime et l’amitié qu’il lui porte. »