CHAPITRE LXXXII. 8 I
au milieu de la division Razout. Ney s’élança à la tête de ses réserves , et reprit la redoute. La division Friant franchit le ravin de Semenowskoié et s’empara du village, elle fut arrêtée par la division Ronownitzin qui arrivait de la gauche.
Bagration continuant à recevoir des renforts, Ney etDavoust se disposèrent à le culbuter derrière le ravin; le vice-roi se prépara à les seconder en attaquant le centre. Une terrible mêlée s’engagea. Bagration et son chef d’état-major, Saint-Priest, furent grièvement blessés, les Russes, sans direction, étaient près de leur défaite. Konownitzin en' prit le commandement, les ramena derrière le ravin et protégé par de l’artillerie arrêta les Français. Murat lança la cavalerie de Nansouty et de Latour-Maubourg. Le ravin fut chaudement disputé avec des succès balancés.
De son côté le vice-roi avait franchi la Rolocza pour attaquer la grande redoute bastionnée, entre Borodino et Semenowskoié, couvrant le centre de l’ennemi. La division Morand lança Donami avec le trentième régiment , le suivant en colonne profonde. Il pénétra dans la redoute malgré un feu terrible delà première ligne de Paskiewitsch.il s’avança à la tete de la seconde , appuyé par lermolow, Wassiltschikoff et l’artillerie de Doctorof. Assailli de toutes parts, Morand recula, abandonnant le trentième dans la redoute, où il fut en partie détruit et Bonami criblé de blessures. Les batteries de réserve placées en arrière de Semenowskoié arrêtèrent les Russes.
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Sur la vieille route de Moscou, Poniatowski n’avait point obtenu de succès notables: il avait enlevé un mamelon , poste important ; il avait été repris par Tousczkof qui y avait été tué.
Ney et Davoust étaient solidement établis sur les hauteurs de Semenowskoié, mais exposés au feu d’une artillerie formidable, et en présence d’un ennemi qui avait reçu des renforts. A onze heures Ney demanda des secours pour achever la victoire. Napoléon allait lancer sa jeune garde, lorsque des cris tumultueux et un désordre inquiétant attirèrent son attention vers la gauche. Il suspendit le mouvement de la garde, et fit avancer la division Claparède du côté du prince Eugène. Le général Ouvarof, à la tête du premier corps de cavalerie, venait de passer la Rolocza, et , aidé des cosaques, il avait obligé la cavalerie légère d’Ornano à repasser la Waïna. La division Delzons, qui soutenait le village de Borodino , n’avait eu que le temps de se former en carrés par régimens. Le prince Eugène, accouru de sa personne à sa gauche , s’était jeté lui-même dans le carré du quatre-vingt-quatrième de ligne. Ouvarof après avoir essayé quelques charges , ne se croyant pas assez fort prit le parti de repasser la Rolocza. Il avait cependant rempli en partie le but de ce mouveifient , qui lui avait été ordonné par Rutusof, pour distraire les Français de leur attaque contre sa droite ét leur donner des inquiétudes sur leur gauche. En effet cet incident les tint pendant plus d’une heure en suspens. L’ennemi en
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