‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 33 sur 300 · CHAPITRE LXXXU · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXU

profita poiu' &e rasseoir dans ses noavelles positions.

Rassuré pour sa gauche, Napoléon fit ses dispositions pour renouveler une attaque sur la grande batterie du centre, en même temps que sa droite déboucherait en avant de Sem^owskoié. L’ennemi; de SOS côté , rassembla tous ses moyens de défense. Depuis Borodino jusqu’à Semenowskoié, et .même jusqu’au bois, sur l’espace d’une demi-Ueue, huit cents pièces de canon vomissaient la mort. Au ifeomeot où tout se disposait pour l’attaque générale , Montbrun , un des meilleurs généraux de cavalerie, (ut tué par un boulet; Auguste CanlainccHirt le remr plaça à la tête du a* corps; il se précipita au galop, dépassa la grande redoute, s’y rabattit brusquemeul, et y pénétra par la gorge. Mais il y trouva la mort, et ses braves, abîmés par le feu de Finfanterie d’Ostermann et de la vieille garde russe , menacés ,par les corps de cavalerie de Korf et de Pabien, furent forcés de se reformer sous la protection de l'infanr ‘erie. . , ,i

Pendant que cela se passait d’uu côté de la redoute* les colonnes du prince£ugène l’abordaient del’autre, et s’en emparaient après avoir détruit la division lâkaczew qui l’occupait, et fait général prisonnier. Eugène , voulant profiter d’un succès qui semblait propre à consterner l’ennemi , lança la cavalerie de Grouchy sur les bataillons de Kaptzewicz. Le général Chevicz, avec les chevaliers-gardes, et la garde à cheval, marcha à sa rencontre. Ces tran,pes d’élite 1 arrêtèrent assez pour donner aux a' et 3* corps de

cavalerie le temps d’arriver et d’empêcher ses progi-ês.

Informé des succès obtenus par le centre, Poniatowski avait recommencé ses attaques contre les Russes qu’il avait en face, commandés alors par Baggowouth. Il enleva de nouveau le mamelon auquel s’appuyait l’extrême gauche de leur armée. Le général russe fut repoussé jusqu’à une hauteur qui domine les sources du ruisseau de Semenowskoié.

Des deux côtés on s’arrêtait épuisé de fatigue. Les Français restaient maîtres des ouvrages par lesquels l’ennemi avait fortifié sa position. Ils semblaient tenir dans leurs mains le nœud de la bataille. Que fera Napoléon? Se contentera- 1- il d’une demi - victoire chèrement achetée , ou , par un dernier effort achevera-t-il la défaite des Russes? Il s’avança jusque sous le feu de leurs tirailleurs pour mieux reconnaître la dernière position où ils s’arrêtaient. Leurs masses étaient acculées sur le ravin de Psarewo. Les troupes françaises étaient harassées. Il aurait fallu faire donner la garde impériale, elle était de vingt mille hommes et intacte. Napoléon ne le jugea pas prudent. Il n’était que quatre heures lorsque finit la bataille.

On lui a amèrement reproché cet excès de prudence. La plupart des militaires ne doutent pas qu’un corps frais de cette force, employé lorsque les Français eurent définitivement enlevé les ouvrages de Semenowskoié, ou lorsqu’ils se furent emparés ' de la grande redoute , n’eùt complété la défaite des Russes, dont toutes les réserves avaient donné. — On

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