‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 35 sur 300 · CHAPITRE I.XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE I.XXXII

voir quinze mille tués , parmi lesquels Bagration , trente mille blessés , deux mille prisonniers. Ce fut • le résultat de leur acharnement à reprendre leurs po-

sitions. Ils évaluent la perte des Français à soixante mille hommes hors de combat ; elle est évidemment exagérée. Elle a été portée par le dix-huitième bulletin à dix mille hommes, par les Mémoires de Sainte-Bélène à vingt mille, par le chirurgien en chef Larrey à vingt-deux mille , dont neuf mille tués , et treize mille blessés. Douze ou quinze mille blessés russes regagnèrent Moscou, où la plupart furent ensuite la proie des flammes '.L’artillerie fran- I çaise seule tira quatre-vingt-onze mille coups.

> A, la Ém de la bataille Napoléon fit avancer le I maréchal Mortier avec la jeune garde, pour prendre position devant les Russes , et lui recommanda j de garder le champ de bataille et de ne rien faire

i de plus. Vers quatre heures il monta à cheval et se

. porta aux corps de Murat, de Ney et d’Eugène. A sept heures, il rentra dans sa tente, reçut les rap- ' ports, se fit rendre des comptes, pourvut aux be- , soins de l’armée, et surtout des blessés. Il dîna avec . Berthier et Davoust. U avait , contre son habitude ,

. le teint animé, les cheveux en désordre et l’air fatigué.

Tués ou morts de leurs blessures ; les généraux français Montbmn, Auguste Caulaincourt, Compère, Planzolles, Lanabère, Romeuf, M.triou. Blessés: le maréchal Davoust, les généraux Morand, Compansi tt*pp, Belliard, Desaix, Friant, Nansouty, Grouchy, Latour-Mauttourg, Lahoussaye.

EMPIRE. — AN l8ia.

Le soir et toute la nuit on s’empressa de porter des 'Secours aux blessés. Le lendemain, Napoléon parcourut le champ de bataille. Quand la plupart des historiens ne se seraient pas complu à en faire le hideux tableau , on se peindrait sans peine les hor> , ribles suites de cette boucherie et de l’insufiBsance des moyens pour secourir à temps le nombre immense des blessés des deux armées. C’est du plus au moins le spectacle qu’offrent tous les champs de bataille, et la conséquence de toutes les guerres.

Le 8 , Kutusof se mit en retraite sur Moscou. Le 9, Murat eut à Mojaisk un engagement assez vif avec Platow. La ville était remplie de blessés russes. Contrarié par une es^tinction de voix, qui l’empêchait de dicter. Napoléon y fut obligé de prendre la plume, et donna pour copier ce qu’il écrivait de l’occupation à tout ce qui l’entourait. Le bulletin de la bataille de laMoskowafut rédigé; décrivit àllmpératrice; U adressa une circulaire pour chanter un Te Deum ; le mot victoire ne s’y trouvait pas. Du reste, les Russes ne s'épargnaient pas non plus les cantiques en actions de grâce.

Le 10, Murat, dans son impétuosité, eut à Krim* skolé un engagement inutile avec Miloradowich, qui avait remplacé Platow , à l’arrière-garde ; la perte de chaque côté fut d’environ deux mille hommes. '

D’après quelques indices, on crut un moment que Kutusof pourrait tenter encore le sort d’une bataille en l’honneur de Moscou. Napoléon ordonna

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