‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 39 sur 300 · CHAPITRE LXXXll · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXll

trowskoïé le'i8 au matin, et revint au Kremlin ; sa première pensée fut pour la paix. Le général Toutelmine, sous-directeur de la maison des Enfans-Trou- , vés, demanda la permission d’écrire à l’Impératrice, protectrice de cette maison, qu’elle avait échappé à l’incendie. Sur l’invitation de Napoléon , il fut glissé dans la lettre quelques mots sur sa diposition pacifique et sur sessentimens personnels pour Alexandre. , Elle fut portée par un officier russe.

Napoléon se fit aussi amener un M. de Jakowleff, dontlefi^ère avait été ministre de Russie àStuttgardt, et lui exprima des regrets sur la tournure qu’avait prise la guerre. Jakowleff ne parut pas douter qu’une ouverture pacifique ne fût bien accueillie. L’Empereur lui remit une lettre qu’il se chargea d’aller porter à Alexandre en personne.

Le trouble et la préoccupation causés par l’incendie avaient suspendu lès opérations militaires. Les Russes s’étaient retirés par la route de Kolomna, suivis à quelque distance par la cavalerie de Murat. Le i6, il y eut entre lui et leur arrière-garde une convention , en vertu de laquelle ils cédèrent sans combat une hauteur qui domine toute la plaine jusqu’à Moscou. Kutusof ayant jugé que les deux mar^ ches exécutées sur la route de Kolonuia devaient avoir fait prendre le change aux Français, leva le 17 au matin son camp de Koulakowo , et faisant une conversion à gauche , remonta la rive droite de la Pakra, qui couvrait cette marche de flanc. Son but ‘‘tait de se rapprocher de la route de Smolensk et

t)ti • EMPIRE. — AS i8ia.

d’inlercepter l’unique ligne de communication de l’armée française, en se basant sur Kalouga, où étaient de grands magasins.

Ce mouvement s’opéra en trois jours de marche, à l’insu des Français et sans obstacle de leur part. Napoléon n’apprit que dans la nuit du a i au aa que son avant-garde avait perdu les tracés de Kutusof, .et que ses communications avec Mojaisk étaient menacées. Aussitôt il envoya toutes les troupe? qu’il avait sous la main sur les pas des Russes, dont la position n’était pas encore bien connue. Pendant ce temps-là , ils interceptaient des convois et des dctachemens sur la route de Mojaisk. Ce fut seulement le a5 qu’on retrouva enfin Kutusof et son armée, et que Napoléon put juger le véritable but de son mouvement. Ainsi, pendant dix jours encombrée de toutes sortes d’embarras, sans ligne de marche réglée, présentant le flanc aux Français, elle avait tourné autour de Moscou pour regagner la route de Kalouga. Elle fut, dit un témoin oculaire, protégée par des transactions que tout le monde ignore. ‘

Murat ayant manoeuvré pour rejeter les Russes derrière l’Oka , ils se retirèrent en combattant. Il y eut des engagemens assez vifs. Kutusof s’arrêta dans une bonne position aux environs de Tarontino , sur la Nara, où il reçut des renforts. Le 4 octobre, Murat campa à Wilkowo. On resta des deux côtés en présence et en obsei-vation.

* Sir Robert Wilwm, p. «î.

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