CHAPITRE LXXXIII
le corps d’observation réuni à Lemberg, sous le prince de Reuss, opérât une diversion en inquiétant les derrières de l’armée de Tschiehagof.
 la gauche l’état des affaires n’était pas moins inquiétant. La fameuse entrevue d’Alexandre et de Bemadotte avait eu lieu à Àbo, en Finlande, le a8 août. Là, s’était encore resserrée leur alliance. L’empereur de Russie avait garanti à Bemadotte sa position en Suède , la Norvège en compensation de la Finlande, et lui avait donné l’espérance qu’il poui’rait remplacer Napoléon sur le trône de France*. Il avait été convenu que l’expédition de la Norvège serait ajournée, et que les troupes qui y avaient été destinées, reviendraient de la Finlande et seraient employées contre les Français. Elles étaient arrivées le aa septembre à Riga. A la même époque, vingthuit mille hommes, partis de Pétersbourg et de Novgorod , étaient "Venus renforcer Wittgenstein. IjC plan du cabinet russe était, tandis que Rutusof ferait tête à Napoléon, de manœuvrer sur ses flancs, de les culbuter, et de rassembler sur les derrières de la Grande-Armée française une masse de cent raille hommes,' qui lui couperait sa retraite et assumerait sa ruine.
Que l’Empereur fut vivement affecté des embar- >as de toute espèce qui s’accumulaient autour de lui, il est facile de le croire; mais qu’il en fut accablé au point de ne plus savoir quel parti prendre.
Madame de Staël, Wilson , Bourienne. Mémoires de Fouché.
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d’étre harcelé par les conseils de tous ceux auxquels il commandait, et de rester dans l’inaction, c’est ce que contredisent hautement les documens et les faits.
Tout se mit en mouvement pour évacuer Moscou et se mettre en retraite. On varie sur les causes de cette résolution. Alexandre avait repoussé les ouvertures de paix; on ne pouvait pas le savoir; Wolkonski n’était parti que le 6 octobrç du camp de Rutusof, et la réponse négative de l’empereur de Russie est datée , du a i , de Pétersbourg. Il tomba de la neige le i3, et Napoléon dit qu’en vingt jours il fallait être dans les quartiers d’hiver; c’est ce qu’on lit dans le vingt-quatrième bulletin, en date du i4- Ce symptôme, avant-coureur des froids, ne dut pas être sans influence ; mais si l’on examine avec attention les dispositions faites par l’Empereur, on peut conjecturer que dans sa pensée , la retraite était àpeu-près arrêtée dans les premier^ jours d’octobre.
Dès le 4> il avait écrit au maréchal Victor pour lui faire connaître la situation des ennemis, et lui indiquer les forces qu’il pouvait réunir , formant quarante mille hommes, et la conduite qu’il aurait U tenir dans les diverses suppositions auxquelles tlonnaient lieu les mouvemens des Russes. Il devait avoir son quartier général à Smolensk, former la réserve générale pour se porter, soit au secours de Schwarzenberg et couvrir Minsk, soit au secours de Saint-Cyr et couvrir, Wilna, soit enfin à Moscou pour renforcer la Grande- Armée.
Dès le 6 , il avait ordonné les dispositions néces-