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saires pour que l’évacuation des blessés fût terminée, le 1 5. Le 9, étaient emballés et chargés des trophées consistant en curiosités trouvées au Kremlin, et la croix dorée du clocher d’Yvan-Veliki; l’Empereur fit écrire à Paris que son intention était (ju’elle fut placée sur la flèche du dôme des Invalides. Éloignée d’environ deux cent cinquante lieues des frontières de ses alliés, isolée au milieu d’un pays soulevé, menacée sur ses communications, gênée dans ses approvisionnemens , l’armée française était dans nne situation extrêmement critique. La petite guerre que lui faisaient avec acharnement les corps de partisans et les paysans minait ses forces par des pertes journalières, et circonscrivait ses moyens de subsistance dans un cercle très étroit. Excepté la garde, les corps ne recevaient plus de distributions, et ne vivaient que de ce qu’ils pouvaient se procurer. Il en résultait un grand relâchement dans la discipline. La cavalerie surtout et les équipages d’artillerie souffraient infiniment de la pénurie des fourrages; une partie des chevaux mourait d’inanition, les forces des autres dépérissaient.
Au contraire l’armée russe , appuyée sur Kalouga, tirait sa subsistance des magasins de cette ville alimentés par les provinces les plus fertiles de la Russie. Elle profitait de la suspension des grandes opérations militaires pour se reposer de ses fatigues; les milices et les recrues venaient de toutes parts la renforcer. Vingt-de^ux nouveaux régimens de cosaques du Don y étaient arrivés. Tout annonçait que
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loin d’étre découragés par les calamités de la guerre, le gouvernement et la nation étaient résolus à la poursuivre jusqu’à extinction.
Enfin si l’on ajoute à tous ces faits l’attitude me* naçante que les Russes avaient aux extrémités des deux ailes de l’armée française, on apercevra facile* ment les véritables motifs qui déterminèrent Napo* léon à la retraite. Moscou n’était pas une position militaire, depuis qu’elle avait été brûlée, elle n’avait plus d’importance poUtique. Il allait donc en chercher une plus favorable au début de la campagne prochaine. A Witepsk, il ne se trouverait plus qu’à cent trente lieues de Pétersbourg, et à cent douze de Riow. C’était donc à Witepsk qu’il devait se placer, concentré entre ses réserves et ses deux ailes, appuyé sur un pays ami, la Pologne, et sur de nombreux approvisionnemens préparés de longue main. Il se proposait de quitter Moscou, le 19, et de sortir par la route de Kalouga. Si l’ennemi voulait couvrir cette vüle, il le battrait; ensuite, suivant l’exigence de la saison , il ferait un coup de main sur Toula, ou il reviendrait directement sur Wiazma. Dans tous les cas, vers les premières semaines de novembre, il aurait ramené ses troupes dans le car; ré, entre Smolensk, Mohilow, Minsk et Witepsk. Au surplus, dans des affaires de cette nature, l’évènement se trouvait quelquefois différer beaucoup de ce qui avait été prévu.
Le corps de Murat était destiné à masquer le mouvement de l’armée, Napoléon lui écrivit de tenir
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