‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 45 sur 300 · CHAPITRE LXXXIII. I I I · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXIII. I I I

dans la position de Vinkowo , ou s’il ne le pouvait pas, sans courir des risques, de se replier sur celle Woronowo , où l’infanterie pourrait couvrir la cavalerie; de faire bien reconnaître les débouchés sur Mojdsk, pour le cas où il serait obligé de faire une retraite devant l’ennemi. L’ordre fut donné au prince Eugène et à Ney, qui avaient leurs corps hors de Moscou, de les ramener. Les trophées partirent le i5, sous l’escorte de Claparède; l’évacuation des hôpitaux fut terminée le 17; Nansouty, qui était parti avec le dernier convoi, fut chargé d’arrêter et de faire rétrograder tout ce qui serait en route pour Moscou; Junot, qui était à Mojaïsk, formait l’arrière-garde de cette route; Mortier, avec la jeune garde, conservait Moscou quelques jours après le départ, et ne quittait cette ville qu’après avoir fait sauterie Kremlin, miné d’avance. On distribua aux soldats les vivres et effets qui pouvaient leur être utiles; on établit dans la maison des Enfans-trouvés les malades et les blessés qui n’étaient pas transportables.

L’évacuation de Moscou était propre à ébranler la fidélité justement suspecte de quelques alliés de laFrance; loin de montrer de la crainte ou de la défiance, et d’user de ménagemens envers eux. Napoléon continuant à se prévaloir de son ascendant , cherchait à en obtenir des renforts. Il en avait de- ®andé à l’Autriche, il demanda à la Prusse d’augmenter son contingent de mille chevaux et de six mille hommes d’infanterie. Il lui {paraissait facile de comprendre au roi qu’il était de son intérêt

que la guerre finît promptement, puisqu’elle le gênait et le fatiguait. Cette considération était applicable à l’Autriche , et à tous les alliés. Il n’y avait qu’une bonne manière de terminer la lutte; c’était de montrer à la Russie l’impossibilité de miner l’armée comme elle l’espérait, et l’inutilité de ses efforts contre les grands moyens de recrutement qu’il avait dans ses états, et dans la bonne volonté de ses alliés.Il desirait non-seulement que de toutes parts on lui envoyât des renforts, mais qu’on exagérât les envois, et même que les souverains fissent doubler dans les gazettes le grand nombre de troupes qui partaient.

Les dispositions de la retraite s’exécutaient, iin incident vint y apporter quelque trouble. Depuis la mission de Lauriston, il existait une suspension d’hostilités, et des communications entre Murat et les avant-postes de Rutusof. On dit même qu’on était d’accord de ne pas s’attaquer sans se prévenir, c’est un point douteux. Ij’armistice paraissait plutôt de fait que convenu. La position qu’occupait Murat, avec vingt ou vingt-cinq mille hommes, en face d’une armée de cent mille, était déjà parla même hasardée. Cet inconvénient ne pouvait être compensé que par une extrême vigilance. On poussait au contraire la négligence jusqu’à ne pas éclairer les bois qui bordaient une petite plaine où la gauche de ce corps était postée. Rutusof se proposa d’attaquer Murat et d’enlever son corps. Le 17, l’armée russe se mit en mouvement; mais ce plan bien conçu fut exécuté avec lenteur et mollesse. Murat se sauva

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