‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 46 sur 300 · CHAPITRE LXXXIII. T · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXIII. T

d’une défaite totale par sa résolution et son intrépidité; mais il perdit des canons, des bagages et de braves soldats. Ce fut un coup funeste pour sa cavalerie, qui avait déjà beaucoup souffert. Les généraux Fischer, Polonais, et Dery, aide-de-camp de Murat, furent tués. Les Russes perdirent aussi deux généraux, Baggowout et Muller-Zamokelskoi. Cette affaire prouva que l’ennemi avait le sentiment de sa force.

Napoléon l’apprit au moment où il passait la revue du corps de Ney qui venait de rentrer à Moscou. A cette nouvelle , il retrouva le feu dè ses premières années. Mille ordres d’ensemble et de détail, tous différens , tous d’accord , tous nécessaires , jaillirent à-la-fois de son génie impétueux. La nuit n’était point encore venue , et déjà toute son armée était en mouvement. Il envoya Lauriston aux avantpostes pour chercher une réponse et parlementer avec Kutusof, tandis que Murat et Poniatow^ski, lui dérobant leur contre-marche, se rallieraient aux colonnes les plus proches.

Le 19 au matin, Moscou était évacué. Mortier y resta avec sept ou huit mille hommes , pour couvrir les communications jusqu’à ce que la marche de l’armée fut prononcée , et faire sauter le Kremlin. L armée, entrée à Moscou forte de quatre-vingt-dix mille combattans, en comptait, à son départ, plus de cent mille ‘ , dont quatre-vingt-dix mille d’infan-

' Chambray cent quatre mille , y compris les corps de Junot, Mur.it empire. VI. 8

Il4 EMPIRE. AN l8la.

ferie et douze ou treize mille de cavalerie. Cette augmentation provenait de la rentrée dans leurs corps des malades et blessés. L’infanterie était rétablie de ■ses fatigues et composée de soldats éprouvés. L’artillerie traînait six cents pièces de canon et deux mille voitures. Ses attelages étaient médiocres. Pour les compléter, on avait sacrifié les lourds équipages de ponts : on avait des ponts sur toutes les- rivières; on conserva des équipages de ponts sur chevalets jiour les cas iirgens. La cavalerie avait encore plus souffert que l’artillerie. Excepté celle de la garde, qui était encore de quatre mille six cents hommes, tfnit le reste était en mauvais état. Mais à la suite des colonnes marchait une autre armée qui n’était propre qu’à embarrasser, qu’à ralentir leur marche, > qu’à gêner leurs mouvemens. Il y avait presque autant de charrettes , de voitures de toute espèce et de bras inutiles que de combattans. C’étaient des équipages qué chaque compagnie , les officiers sans troupes, les employés, s’étaient formés pour le transport des provisions et du butin ramàssés dans les ruines de Moscou et dans les environs. C’étaient des hommes de toutes les nations , sans uniforme et sans armes, des femmes françaises, allemandes, russes, des enfans appartenant à la population de Moscou,

et Mortier. Sogur pins de ceiu mille. Jomini quatre vingt mille, non compris quinze mille maKngrea ou cxtovalesccns. Dana ce nombre n'4taîent pas compris, la gendarmerie, les troupes do grand quartier général, des grands parcs d’artillerie, du génie , des équipages militaires, des ambutaiices, etc. , etc., évaluées à douze mille.

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