‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 47 sur 300 · CHAPITRE LXXXIfl. flJ · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXIfl. flJ

et qui aimaient mieux se sauver avec leur avoir que d’y attendre le retour des Cosaques. C’était une immense caravane ou l’armée de Darius. Napoléon fut obligé de tolérer tous ces erapéchemens. Comment priver le soldat de ses vivres, quand on ne lui assurait plus de distributions? Comment distinguer les provisions du butin ? D’ailleurs , à défaut de transports militaires, ces voitures étaient une ressource pour les malades et les blessés qu’occasionnerait la retraite. Enfin, on espérait que la consommation , le temps et la route en diminueraient le nombre.

Au moment de quitter Moscou, Napoléon écrivit à Marejt : « C’ermée est en marche. Je me déciderai demain à faire sauter le K.remlin , et à passer par Kalouga ou par Wiazma ». U se proposait de suivre la route de Borowsk;; mais l’armée prit, d’abord la vieille route de Kalouga pour donner le change aux Russes et recueillir Mural. Le ao, le prince Eugène, formant l’avant-garde , tourna à droite , et alla gagner, à Bycassowo, la route de Boro’ivsk sur Malojaroslawetz.

Pour endormir probablement Kutusof, et peut-, être aussi pour savoir s’il avmt reçu une réponse à l’ouverture que lui avait faite Lauriston, Berthier écrivit au général en chef russe pour l’inviter à la lui faine connaitre. Ü ne s’agissait toujours , dans sa lettre, qued’arrangemens à prendre pour donner à la guerre uq caractère plus conforme aux règles. établies. Le colonel Berthemy fut chargé de la ponter.

. Le a I , Napoléon envoya à Mortier Tordre défini-

tif de faire sauter le Kremlin et de quitter Moscou du 22 au 23, de rejoindre l’armée par Wereïa, en ralliant à lui tous les détachemens qui occupaient encore la route entre cette ville et Mojaïsk. « Je ne saurais trop vous recommander , écrivait-il au maréchal , ce qui nous reste encore de blessés. Placefc-lessur les voitures de la jeune garde , sur celles de la cavalerie à pied , enfin sur toutes celles qu’on trouvera. Les Romains donnaient des couronnes civiques à ceux qui sauvaient des citoyens! Combien n’en mériterez-vous pas à mes yeux pour tous les malheureux que vous sauverez! 11 faut les faire monter sur vos propres chevaux et sur ceux de tout votre monde. C’est ainsi que j’ai fait à Saint-Jean-d’Acre. On doit commencer par les officiers , passer ensuite aux sous-officiers et préférer les Français. Assemblez les généraux et les officiers sous vos ordres ; faites-leur sentir tout ce que l’humanité exige dans cette circonstance. »

Lé colonel Berthemy rapporta , le 22 , la réponse de Kutusof à Berthier. Vu la distance des lieux et la difficulté des routes dans cette saison, il était physiquement impossible qu’il lui fût déjà parvenu une réponse; il ne pouvait donc que se référer pei’sonnellement à ce qu’il avait dit à Lauriston. Mais le colonel annonça qu’il avait trouvé et laissé l’armée russe immobile dans sa position de Tarontino. On n’y avait pas connaissance du mouvement de l’armée française.

Après trois jours de marche, elle n’àvait encore

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