‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 49 sur 300 · CHAPITRE LXXXIII. ï · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXIII. ï

jjirit la même direction. Le a5 au matin, Doctorof atteignit œtte ville, et en chassa les deux bataillons français qui l’occupaient. I^e prince Eugène arriva avec tout son corps, et la reprit. Le combat fut opiniâtre;'les Russes se renforçaient continuellement; le prince Eugène leur tint tete maigre leur supéi iorité. La ville en flammes fut prise et reprise jusqu’à sept fois; à la fin de la journée elle resta aux Français. Ils eurent quatre mille hommes hors de combat ; le brave Delzons fut tué ; les Russes perdirent cinq mille hommes. L’armée était partie le matin de. Borowsk ; averti par le canon , Napoléon se porta en avant, ^ fut témoin d’une partie du combat; Davoust, qui avait bâté le pas , n’arriva que vers la fin; cependant deux de ses divisions aidèrent a propos le prince Eugène à se maintenir. Aux yeux des ennemis même, cette affaire lui fit, ainsi qu à ses troupes, le plus grand honneur. « C’est votre plus beau fait d’armes, » lui dit l’Empereur en l’embrassant.

Ce choc sanglant était en pure perte et ne décidait rien ; Kutusof avait pris position à une petite distance, et barrait la route de Ralouga. Pour s ouvrir passage, il fallait lui livrer bataille : la chance ^ était hasardeuse; on pouvait l’éviter en regagnant la route de Wiazma. Il était permis d’hésiter : Ségur représente Napoléon comme hors d’état de prendre un parti; Fain et Gourgaud attestent qu’il était décidé à attaquer les Russes, mais que les chefs des corps d’armée ne furent pas de cet avis.

Le a 5, les deux armées restèrent dans une posi-

lao EMPIBË. — AN i8ia.

tion extrêmement menaçante, à portée de canon. Napoléon, à cheval, avec une faible escorte, faillit être enlevé par. un houra des cosaques de Matow. Rapp eut son cheval renversé d’un coup de lance; Bessières arriva avec les escadrons de la garde et les mit en fuite.

Au quartier général russe , on était aussi divisé sur le point de savoir si on s’engagerait dans une nouvelle bataille. Le a6, au même moment, dans les deux armées, on se décidait à l’éviter. Napoléon donna l’ordre de regagner la route de Wiazma ; Kutusof ordonna un mouvement rétrograde. Les deux armées se tournèrent le dos. Ce fut un parti funeste j)Oiir l’armée française , et la principale cause des malheurs de la retraite.

Pour alléger la marche et éviter l’encombrement, l’armée française fut partagée en quatre corps, qui ^ se suivaient à environ une demi-journée de distance. N apoléon ouvrit la marche avec sa garde ; après lui venaient successivement les corps de Ney, du prince Eugène, de Davoust; le dernier formait l’arrière-garde.

Le 27, Napoléon trouva Mortier à Werreia, avec les dernières troupes sorties de Moscou. Apercevant le général Wintzingerode , « Qui êtes-vous? lui ditil; un homme sans patrie. Vous avez toujours été mon ennemi personnel; quand j’ai fait la guerre aux Autrichiens, je vous ai trouvé dans leurs rangs. L Autriche est devenue mon alliée , et vous avez demandé du service à la Russie. Vous avez été l’un des plus ardens fauteurs de la guerre actuelle. Ce-

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