‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 50 sur 300 · CHAPITRE LXXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXIII

pendant vous êtes né dans les états de la confédération du Rhin; vous êtes mon sujet ; vous n’êtes point un ennemi ordinaire; vous étesom rebelle; j’ai le droit de vous faire juger.

«Pour vous, comte Narischkin, ajouta l’Empereur en se tournant vers l’aide-de-camp, je n’ai rien à vous reprocher; vous êtes Russe; vous faites votre devoir. Mais comment un homme des premières familles de Russie a-t*U pu devenir l’aide-de-camp d’un étranger mercenaire , soyez l’aide-de-camp d’un général russe , cet emploi sera beaucoup plus honorable. »

La menace de l’Empereur n’eut aucime suite. Les deux prisonniers suivirent l’armée comme prisonniers; ils furent traités avec égards, et délivrés dans la retraite.

Laissant Mojaïsk sur la droite, l’armée passa la Kolocza, et rentra sur la grande route de Smolensk, en vue du champ de bataille de la Moskowa encore couvert de cadavres, et de toutes sortes de débris. L’Empereur ordonna que les blessés transportables, restés faute de charriots d’ambulance à Fabbaye de Rolotskoï, fussent placés sur les voitures, à commencer par les siennes.

Rutusof lança à la poursuite de l’armée les cosar ques et une avant-garde de vingt-cinq mille hommes, commandée par IVbloradowitch. Après quelques tâtonnemens , le gros de l’armée russe se dirigea droit sur Wiazma, pour y prévenir les Français et leur couper la retraite.Cependant Napoléon y arriva , le

3i octc^re, avec sa garde; les colonûes le suivaient lentement; il s’y arrêta pour les attendre. Il y trouva des nouvelles de Paris, de Wilna, de Schwarzen- > berg, des maréchaux Macdonald et Victor. Elles étaient i fâcheuses : les contrariétés , les eml:»rras , s’accumulaient; partout l’ennemi déployait de l’activité, de l’audace, et prenait de l’ascendant.

Saint-Cyr avait r^>oussé une rude attaque de Witt> genstein sur Polotsk, oomhinée avec le corps de Steinheil, débarqué récemment de Finlande, que de Wrède avait culbuté. Mais le maréchal n’étant pas assez fort pour s’exposer à une seconde attaque, avmt évacué Polotsk, et s’était . replié sur Cuereya; Victor avait quitté Smolensk, le octobre, pour cou-

rir en toute hâte au secours de Saint-Cyr, et contenir Wittgenstein; Napoléon se trouvait donc privé de l’appui de Victor,

Du côté de Schwarzenbei^, J’état des choses n’était pas moins inquiétant : pressé par les forces supérieures de Tormasof et de Tschichakof, il avait été, ainsi que Reynier, obligé de battre en retraité. Mais au lieu d’adopter Minsk pour pivot do ses opérations, il avait repassé le Bug, et s’était basé sur Varsovie, renonçant ainsi à toute coopération avec l’armée française. C’était plus qu’une faute grave et la suite de la trahison; car il en résultait que Tschichakof, laissant à Sacken le soin d’observer au besoin les Autrichiens, pouvait se diriger librement avec le reste de l’armée de Moldavie sur Minsk, d’ou il était â portée de se concerter avec Wittgen-

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