‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 52 sur 300 · CHAPITRE LXRxriI · texte numérisé non relu

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jourt , et à cette époque nous serons rendus dans nos nouvelles positions ». Malheureusement après dix jours de marche on n’y était pas; on ignorait même où on pourrait les prendre. Dès le' aSj à Mojaisk, les vents s’étaient établis au nord-est , et le froid ' était allé en augmentant. Sur le champ de bataille tie la Moskowa on avait trouvé des cadavres gelés. Cependant ce froid avait été supportable, on n’en avait pas beaucoup souffert. Du 6 au 7, il tomba de la neige et le froid augmenta. Les chemins , devenus glissans, furent impraticables pour le peu de chevaux'qui restaient, et qu’on n’avait ni le temps ni le moyen de ferrer à glace. Les bivouacs furent mortels pour des hommes mal nourris , exténués de fatigues , et qui n’étaient pas vêtus assez chaudement. Alors commencèrent ces horribles désastres, trop connus pour qu’il soit besoin de les décrire , et qui causèrent la ruine de l’armée.

Napoléon reçut des nouvelles de sa droite , elles n’étaient pas consolantes. Saint-Cyr était allé à Wilna pour soigner une blessure. Legrand , qui lui avait succédé dans le commandement du a" corps , et de Wrède , commandant le 6', s’étaient repliés lentement pour se rapprocher de Victor et couvrir Wilna. De Wrède avait montré de la jalousie et des prétentions; on soupçonnait déjà sa fidélité. Le 3i . octobre, Wittgenstein , avec toute son armée, avait attaqué Legrand. Après s’être bravement défendu , il s’était rallié aux troupes de Victor, qui s’était replié surSenno. « Vous avez tout à perdre, lui écrivit

Ja6 EMPIRE- — AN 181a.

l’Empereur, en vous y prenant ainsi avec un adversaire dont la supériorité sur vous est en cavalerie légère. Vous risquez de voir toutes nos communications coupées. Marchez donc sur Wittgenstein , rejetez-le au-delà de la Dwina; reprenez Polotsk , et contenez les Russes sur cette rivière. Une victoire est indubitable avec 1^ troupes que vous avez. L’armée sera demain à Smolensk. Maintenez-vous toujours en communication avec le quartier générai. Vous en sentez la nécessité.»

C’est à Michalewka que l’Empereur apprit par des lettres de Paris la conjuration du général Mallet, qui avait éclaté dans cette ville le 2 3 octobre. Le récit de cet épisode nous détournerait trop longtemps de la retraite de l’armée; il trouvera sa place ailleurs. La conjuration n’avait pas réussi; elle n’en était pas moins propre à donner des inquiétudes sur la solidité de l’Empire. Napoléon en'ftit vivement affecté. Voyant la conduite de' quelques fonctionnaires publics, notamment du préfet de la Seine, « Et Napoléon II , dit-il, on n’y pmasait donc pasl» Il s’emporta contre l’impéritie de la police , contre Savary, Pasquier et Frochot. Il noanifesta de justes inquiétudes sur l’instabilité de sa coiuonne et le be-, soin de retourner en France, de se remontrer dans . la capitale pour raffermir son pouvoir, remonter l’opinion et réparer ses pertes.

Ou n’était plus qu’à ime ou deux marcbes de Smolensk. Dans la déplorable situation de l’armée, c’étmt la terre promise, on comptait y trouver des

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