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CHAPITRE LXXXIV

Combat du Woop. — Force de l’arniée à Sinolensk. — Augmentation de désastres. — Combats de Krasnoï. — Opérations des corps de Victor, Oudinot, Schwarzenberg. — Minsk pris par les Russes. — Ney perdu et retrouvé. — Passage de la Bérézma. — A Smorgoni Napoléon quitte l’armée ; il en laisse le commandement à Murat. — Elle arrive à Wiloa.

— Désordre , confusion. — Elle passe le Niémen , sa force.

— Combat de Kowoo. — Murat songe à ses intérêts. — Napoléon après son départ de Smorgoni. — A Wilua, Varsovie, Dresde. — Il écrit à son beau-père. — Complot pour l’enlever. — Son retour à Paris.

Baraguay-dHilliers, cjui avait été détaché sur la route de Kalouga, rentra à Smolensk en désordre, après avoir perdu la brigade du général Augereau , forte de mille cinq cents hommes , surprise et faite prisonnière par trois partisans russes réunis pour cette expédition. Accusé de n’avoir pas, suivant ses instructions , tenu sa division réunie , le général fut renvoyé en France , en état d’arrêts chez lui , pour être jugé.

Un plus grand malheur , quoiqu’il ne fût pas sans gloire, était réservé au prince Eugène : en quittant

empire. VI. ()

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Dorogouboje , il avait pris la route cleDoukowchina. Pressé par Platof , il s’était trouvé resserré au passage de la petite rivière de Woop , gonflée p^r les pluies. Les ponts étaient détruits, on ne put en établir; les berges étaient raides et glacées. On tenta un gué. Les premiers canons passèrent ; mais le gué se trouvant défoncé, il fallut abandonner les autres, tous les équipages , détruire les munitions , et se résoudre à traverser la rivière ayant de l’eau jusqu’à la ceinture et à travers les glaçons. Les cosaques n’osèrent pas avancer; il suffit, pour les contenir, de quelques centaines d’hommes décorés du nom d’arrière-garde. Le lo, Eugène continua sa marche'. La division Broussier, qui avait encore douze canons, faisait l’arrière-garde. Tout le reste du corps suivait, en colonne informe , la route de Doukowchina. Au moment où l’on apercevait cette ville, plusieurs milliers de cosaques qui l’occupaient se présentèrent avec du canon , tandis que Platof attaquait l’arrièregarde et les flancs. Eugène , conservant son sang-froid, lança contre les cosaques qui lui disputaient le passage la garde italienne formée en carré et appuyée de quelques escadrons bavarois, les culbuta et les chassa de la ville, où il s’établit. Il y séjourna le 1 1, et arriva le i3 à Smolensk. Ney n’en était plus qu’à quelques lieues.

On rallia l’élite des soldats, les plus robustes, les plus courageux. On en comptait armés , suivant en-" core leurs chefs et gardant quelque apparence de discipline , environ de quarante-cinq à cinquante

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