CHAPITRE IXXXIV
destiné anx voitures ayant été terminé quelques heures après, l’artillerie passa ensuite, celle d’Oudinot en tête; il y avait encore deux cent cinquante bouches à feu avec leurs approvisionnemens. Ce passage fut interrompu plusieurs fois par des accidens. Les pontonniers, les sapeurs, les marins se dévouèrent pour les réparer; plusieurs d’entre eux moururent de fatigue et de froid.
Oudinot attaqua et repoussa Tschaplitz jusqu’à Stakow. Là il fut rejoint par Pahlen; ils reprirent ' ensemble l’offensive. Pénétré de l’extrême importance du comhat , chaque soldat redoubla d’énergie et fit des prodiges : Oudinot parvint à se maintenir.
Il Mlait encore s’assurer du chemin de Zembin qui traverse un marais sur une chaussée coupée par trois ponts de plus de cent toises chacun , sans quoi tout était perdu. Oudinot y envoya un détachement qui s’en empara. L’Empereur loi envoya Ney avec deux mille cinq cents hommes de la jeune garde pour s’opposer à Tschichagof. ,
Le 1'], Napoléon se porta au-delà de la Bérézina; le passage continua; il ne put pas s’achever à cause de plusieurs ruptures survenues aux ponts. Tschichagof eut ainsi le temps de revenir à Borissow avec les deux divisions qu’il avait emmenées. Dans la nuit du a6 au 27, Victor, partant de cette ville pour Studianska, y avait laissé Partouneaux pour la garder jusqu’au milieu du jour et occuper l’ennemi. Wittgenstein vint, avec toute son armée, lui couper le chemin; Partouneaux voulut se faire jour, mais il
i44 empire; — " Arr i8ia.
n’étàit pas dé force. Investi de toutes parts, il tenta pendant la nuit de s’échapper avec un bataillon d’élite, il fut fait prisonnier. Le lendemain, sa division se rendit au nombre d’environ trois miUe hommes, outre quatre mille isolés qui s’étaient joints à lui. Ce malheur était d’autant plus déplorable, qu’avec quelque réflexion on aurait pu l’éviter. Un bataillon, parti de Borissow après Partouneaux, arriva à Studianska par uri autre chemin.
Dans la même nuit, le général Yermolof arriva à Borissow; Tschichagof y fit jeter un pont; la communication fut établie avec l’armée de Wittgenstein. Ces généraux réunis concertèrent une attaque générale sur les deux rives; Yermolof et Tschichagof sur la rivetiroite, Wittgenstein sur la rive gauche.
Malheureusement on n’avait pas profité de la nuit autant qu’on l’aurait pu pour accélérer le passage des bagages et de la foule des traîneurs. Le prince Eugène et Davoust reçurent l’ordre de filer par la route de Zembin et d’entraîner tout ce qu’ils pourraient.
Le a8, à sept heures du matin, le canon se fit entendre, les Russes s’ébranlèrent. Le plus grand danger était sur la rive droite, où se trouvait Napoléon. Il courut du côté de Tschichagof qui attaquait Oudinot, trouva ce général blessé qu’on emportait, et donna le commandement au maréchal Ney. Les généraux russes Tschaplitz et Pahlen ne purent percer la ligne des Français et des Polonais. Ney forma en colonne les cuirassiers de Doumerc,
D- -ed: "