‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 62 sur 300 · CHAPITRE LXXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXIV

sur laBérézina apporta au passage de Wittgenstein, ne permirent pas aux Russes de lancer d’abord de grandes forces à la poursuite de l’armée française. Mais elle eut alors à souffrir d’un ennemi plus dangereux qu’elle ne pouvait combattre ; le froid augmenta et porta le ravage dans ses rangs. Le i*' décembre , elle gagna Staïki , et le lendemain Selitche. En approchant des villes de Malodeczno et de Smorgoni, on espérait y trouver des ressources, un appui à droite dans le corps bavarois de Wrède, à gauche dans celui de Schwarzenberg , et donner à l’armée quelque repos derrière la Wilia.

On ne tarda pas à acquérir la triste conviction qu’il ne fallait plus compter sur ces deux généraux. Schwar* zenberg, s’étant obstiné à suivre Sacken sur le Bug, n’était plus à temps, quand il l’aurait voulu, de revenir utilement sur ses pas. Wrède, attaqué par le général majorKutusof, avait battu en retraite sur Wilna. On n’avait plus en perspective que le corps du maréchal Augereau qui commençait à entrer en ligne, la division Loison prête à sortir de Wilna pour venir à la rencontre de l’armée, la division Heudelet approchant du Niémen. Macdonald était toujours devant Riga, où sa présence était nécessaire pour contenir les Russes qui, sans lui , pouvaient percer jusqu’à Tilsit. Ainsi , les débris de la Grande-Armée étaient à-peu-près abandonnés à eux-mémes jusqu’à Wilna , dévenu le centre de tous les mouvemens rétrogrades.

Le ci décembre , l’EmpereUr arriva à Malodeczno. On y trouva quelques provisions , et vingt estafettes

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de Paris. Depuis Smolensk on n’avait pas publié de bulletins. Il eût été imprudent de révéler les dé- .sastres de l’armée; il fallait qu’on crût toujours à son existence et à la puissance de l’Empereur ; il le fallait pour contenir les alliés et empêcher les défections. Maintenant le danger n’était plus le même, la retraite était avancée; d’ailleurs la vérité commençait à percer. Le vingt-neuvième bulletin fut rédigé , et Napoléon fit ses préparatifs de départ pour la France. Ses ennemisc le lui ont reproché comme une lâche désertion et une fuite. Us auraient sans doute préféré qu’il eût sacrifié aux devoirs d’un général ordinaire ceux du chef d’un grand Empire , et les intérêts de sa haute position à un intérêt secondaire. Les évènemens l’ont absous de ce reproche et ont justifié sa prévoyance. On l’a accusé aussi d’étre parti sans avoir laissé d’ordres, sans avoir pourvu à rien. Ses instructions détaillées prouvent le contraire, tout y était prévu. Après avoir séjourné , le 5 , à Smorgoni , il annonça son départ aux chefs de l’armée , et leur en développa les motifs.. Ils les comprirent et l’approuvèrent. Il leur fit ses adieux. Il voulait laisser le commandement à Eugène. Berthier ne consentait à servir que sous un roi. Le commandement échut à Murat , l’administration à Daru. Berthier resta major- , général. Napoléon partit dans un traîneau , ayant à ses côtés Caulaincourt, et sur le devant l’interprète polonais Wonzowich. Sa suite ne se composait que du mameluk Rustan , et d’un valet de pied. Un pi*

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