‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 63 sur 300 · CHAPITRE I.XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE I.XXXIV

queur courait en avant. Caulain court avait un passeport de Berthier pour se rendre à Paris. L’Empereur voyageait sous le nom de Rayneval. Duroc et Lobau le suivirent de près.

Le départ de Napoléon , l’insuffisance de Murat, la faiblesse de Berthier, et le redoublement du froid qui s éleva jusqu’à 3o degrés , portèrent le dernier coup aux débris de l’armée. Tous les liens furent rompus. Sauf quelques exceptions , chefs et soldats, chacun, plus que jamais, ne pensa plus guère qu’à soi. Poursuivie par le corps de Tschichagof, accablée par lé froid et tous les besoins , elle partit de Smorgoni le 6, et arriva le 9 à Wilna, ayant perdu dans ces trois jours plus de vingt mille individus. Il y avait dans cette ville des ressources immenses et de toute espèce qui, malgré les accusations d imprévoyance, y avaient été rassemblées par les ordres de l’Empereur et les soins de l’administration. Mais il fut impossible d’en régulariser la distribution I à une foule affâmée ; une partie fut' liyée au pillage, ce qui ne fut pas gaspillé profita à lennemi, car on ne pensa pas à le contenir; cependant on 1 aurait pu , il avait aussi beaucoup' souffert, et ne marchait que péniblement. Abattu, peu capable de résolution et de volonté; Murat se déchargeait sur Berthier, dont le moral était encore plus affaibli. Dès que le canon des Russes se fit entendre, on prit l’épouvante; dans la nuit du 10 au 1 1, l’ordre de la retraite fut donné.

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