CHAPITRE LXXXIV
division Loison. En approchant de Wilna, il trouva Maret qui venait à sa rencontre ; sans discontinuer sa route, il concerta avec son ministre des mesures pour l’exécution des instructions qu’il venait de laisser à Murat sur le ralliement de l’armée dans cette ville. Il arriva, le lo, à Varsovie, il y resta quelques heures en conférence avec l’abbé de Pradt et les ministres polonais; il traversa rapidement la Silésie, où il fut sur le point d’être retenu. Le 1 4, il s’arrêta à Dresde chez son ministre le comte de Serra ; il y eut une entrevue' avec le roi de Saxe.
A Vienne les ennemis de la France n’avaient pas osé faire éclater la joie que leur avait causé là nouvelle des désastres de l’armée. On avait peine à croire qu’ils n’eussent pas été exagérés. D’ailleurs Napoléon avait si souvent montré quelles étaient les ressources inépuisables de son génie pour se tirer de situations critiques. Ne pouvait-il pas encore s’arrêter en Pologne, y concentrer ses forces, et partir de là pour recommencer une nouvelle campagne? Malheur alors à 'ceux qui se seraient déclarés prématurément contre lui! Rien ne pressait; il était prudent d’attendre ; on se contint donc.
De Dresde, Napoléon écrivit à l’empereur d’Autriche pour lui annoncer son retour à Paris, et lui insinuer d’y envoyer quelqu’un en l’absence de son ambassadeur, le prince de Schwarzenberg , dont la présence était nécessaire aux armées; qu’il serait important , dans les circonstances, qu’il rendît mobile wn corps de Galicie et de Transylvanie , en portant
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ainsi ses forces entières à soixante mille hommes. Napoléon assurait son beau-père d’une pleine confiance dans ses sentimens. L’alliance qu’ik avaient contractée formait un système permanent dont leurs peuples devaient retirer de si grands avantages , qu’il pensait que sa majesté ferait tout ce qu’elle lui avait promis à Dresde, pour assurer le triomphe de la cause commune , et les conduire promptement à une paix convenable. Elle pouvait être persuadée que de son côté, elle le trouverait toujours prêt à faire tout ce qui pourrait lui être agr^ble, à la convaincre de l’importance qu’il attachait à leurs relations actuelles, etc. >
Napoléon expédia diverses dépêches à Wilna, à Varsovie et Berlin. Il y eut un complot formé à Dresde pour l’enlever; il manqua parce que le ministre qui était à la tête du parti anglais à Vienne ne donna pas l’ordre à temps. Â Erfurt, il dicta des lettres pour ses différens envoyés près des cours de la confédération d’Allemagne, et pour les principaux commandans militaires; il passa par Mayence, et, le i8, à cmze heures du soir, il était aux Tuileries, vingt-quatre heures après la publication du 29' bulletin. Personne ne l’attendait ; il courut à la cbam-^ bre de l’Impératrice qui, triste et souffrante, venait de se mettre au lit.
Le 1 9, dès neuf heures du matin, il reçut les princes grands dignitaires, les grands-officiers, les ministres, et travailla avec eux tout le jour et jusqu’à une heure du matin. IjC ao, c’était un dimanche, il