‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 7 sur 300 · CHAPITRE LXXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXX

main de son ûls , le prince royal. A la suite de toutes ces cours étaient les principaux ministres, entre autres Metternich et Hardenberg , et une foule de conseillers, de chambellans, de valets. On ne décrira point le inouvement de toutes les fêtes dont Napoléon fut l’objet; assez d’autres ont employé leur éloquence à en retracer l’éclat. Tout ce monde» sans exception, était devant lui, en admiration , en extase; heureux de le voir, d’en obtenir un regard» luie parole » faisant des vœux pour le succès de ses grands desseins » et l’accablant de protestations de dévoûment. Il est probable que par-derrière, ce n’était pas tout-à*fait la même chose. Il en était réduit à insinuer qu’on s’occupât un peu plus de son beau-père, et en donnait l’exemple en le faisant passer devant lui. Le roi de Prusse offrit son fils à Napoléon pour l’accompagner comme aide-de-camp » et le présenta à ceux de l’Empereur, en leur demandant leur amitié pour cet illustre compagnon d’ar-^ mes. Ferdinand avait demandé , pour son frère don Carlos, l’honneur de commander les Espagnols qui allaient en Russie.

Les hommages, l’assentiment» le concours de tant de rois, de princes, et une armée de cinq eeut mille hommes, c’était plus qu’il n’en fallait pour que Napoléon ne doutât pas du succès de son expédition. Cependant il se montrait toujours disposé à la paix. Instruit ■ qu’Âlexandre était arrivé à Wilna » Napoléon craignit que Narbonne n’eût pu le rejoindre, et même qu’on ne l’eût pas laissé passer la fron-

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tière. Le 20 mai, il fit écrire à Lauriston de partif de Pétersbourg pour se rendre à Wilna, de franchir les intermédiaires, et de parvenir jusqu’à Alexandre, pour obtenir de sa bouche un mot d’explication qui pût laisser la voie ouverte à un accommodement.

Le même jour. Napoléon écrivait au maréchal Victor, qui avait la Poméranie suédoise dans son commandement : « Il faut continuer à traiter les Suédois en amis ; les choses ne sont pas encore décidées. »

Il fut question de donner l’Illyrie à l’Autriche en ' échange de la Gallicie. Cet arrangement, qui aurait été décisif pour le rétablissement de la Pologne, ne put se conclure.

Par les grâces qu’il prodiguait à la noblesse lithuanienne, Alexandre annonçait le projet de se concilier l’affection des Polonais, et d’ébranler la fidélité du grand-duché de Varsovie. Il devenait donc urgent d’agir fortement sur la Pologne, et de la faire déclarer. Il s’agissait de remuer profondément une nation, déjà bien disposée , pour en obtenir un grand élan. Ce fut l’abbé de Pradt, qui était à Dresde, que Napoléon chargea du rôle auparavant destiné à Talleyrand. Il semblait que pour le jouer, il fallait absolument un prêtre. Il y avait, pour l’habileté et l’importance, une grande -différence entre l’archevêque de Malines et l’évêque d’Autun; il est vrai que l’abbé de Pradt , qui s’était intitulé \ aumônier du dieu Mars , faisait profession d’un zèle et d’un

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