‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 71 sur 300 · CHAPITRE LXXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXV

ex-^éDcraux sont arretés, ils sont convaincus d’imposture ; il va en être fait justice. Le calme le plus absolu règne à Paris, il n’a été troublé que dans les trois hôtels où les brigands se sont portés. »

Pendant le reste de la journée du a3, divers détails venaient à la connaissance du public. Il se livrait à toutes sortes de conjectures , et s’attendait à ce que l’autorité satisferait la curiosité et la juste impatience des citoyens. Les journaux du lendemain furent presque muets , ou ne firent que d’insignifians commentaires de l’avis du ministère de la police, qui n’apprenaient rien. On se dédommagea du silence de l’autorité par des suppositions et des calembourgs sur Savary et Pasquier, qui avaient fait ^ dit-on , un fameux tour de force ( prison ).

Les généraux Malet, Lahorie, Guidai, le colonel Rabbe, le chef de bataillon Soulier, le caporal Râteau et dix-huit officiers , en tout vingt-cinq accusés, furent traduits à ime commission militaire présidée par le général Dejean, premier inspecteur général du génie. Les pièces de la procédure n’ayant point été publiées, on ne connut point l’étendue du complot, ses ramifications, son but. On sait seulement que, dans le cours des débats, Malet ne démentit point son caractère ; qu’il se montra constamment calme, ferme et réservé, et qu’à la décharge de ses coaccusés, il assuma sur lui toute la responsabilité du complot. Il répondit au président, qui lui demandait s’il avait des complices : « Toute la France; vous-même, si j’eusse réussi ». Par jugement du aq ,

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la commission militaire acquitta dix accusés , et en condamna quinze à mort, comme coupables ou complices, dont les six ci-dessus nommés et huit officiers; ils furent fusillés le même jour à la plaine de Grenelle , excepté Rabbe et Rateau , auxquels il fut accordé un sursis, depuis converti en grâce.

Malet marcha à la mort avec son calme accoutumé , mêlé d’un peu d’ironie , adressant aux spectateurs des allocutions conformes à sa cause. Ses compagnons , la plupart non moins fermes , restaient muets, s’étonnant d’aller au supplice pour un complot et avec un homme qùi leur étaient également inconnus. Guidai, seul, s’exhala en pleurs, en cris, en vociférations contre l’Empereür.

Le crime de plusieurs des accusés ne fut que d’avoir été trop crédules. L’Empereur blâma la rigueur du jugement et la promptitude de son exécution. I! n’est pas probable que Malet eût écrit d’avance la liçte des cinq membres de son gouvernement provisoire. On lui en a cependant attribué plusieurs. On y voyait figurer pêle-mêle des hommes de tous les partis, Mathieu de Montmotenéy, Alexis de Noailles , le général Moreau-, Frôchot, Férand, Puyvert, les Polignac, Sieyes, üestutt de Tracy, Garat et l’abbé Grégoire.

En renversant le gouvernement impérial , que se proposait réellement Malet? On n’a nul aveu de lui, nuis documens avérés. Après la restauration des Bourbons , on a dit qu’il avait travaillé pour eux. Cependant Malet avait servi honorablement dans

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