‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 72 sur 300 · CHAPITRE LXXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXV

les armées républicaines ; pour tous ceux qui avaient eu (les relations avec lui, c’était un républicain. Les principaux complices de son choix, Laborie et Guidai avaient toujours professé les mêmes principes. Le but du complot semblerait donc avoir été la liberté. On a dit qu’au premier bruit de la conspiration, une réunion de sénateurs eut lieu pour aviser aux moyens à prendre , qu’ils en donnèrent même avis à Fouché, (pii habitait son château de Ferrières, et (pie, ce fut alors (pi’il fit cette réponse : « Je ne travaille pas en serre chaude. »

Au premier avis qui vint à Cambacérès de l’entreprise de Malet, son premier mot, dans sa frayeur, fut d’envoyer au Luxembourg fermer les portes des salles du sénat.

On a traité de fobe cette conspiration. On y voit une audace , une prévoyance , une résolution <pii dénotent un grand caractère. Le moment était bien choisi; Napoléon était, avec toutes les forces de l’Empire, à six cents lieues de la capitale. Son armée avait fait de grandes pertes- dans le cours de cette campagne. U était stationnaire dans les ruiües de Moscou. L’avenir ne présentait pas un aspect rassurant Malet, dans quelques heures, avait réussi à se rendre maître des principales fprces militaires et des deux magistratures essentiellés de Paris. Si Laborde eût été mieux gardé , et ne se fut pas mis en communication avec Doucet, le . complot , pour le moment , eût probablement réussi. Ensuite que sermt-il arrivé? Il est difficile de le dire. Mais préci-

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sèment à cette époque , Napoléon évacnait Moscou, et commençait I cette tardive retraite qui détruisit son armée. ‘Personnellement, nous avons lieu de croire que le complot de Malet avait des ramifications dans les départemens. Depuis plusieurs années, il existait, dans le midi, une conspiration contre l’Empereur, qui recevait l’impulsion et attendait le mot d’ordre de Paris. Elle était tramée par les restes du parti dit anarchiste, ranimé et entretenu par Barras. Guidai y avait joué un rôle et avait été par ce motif arrêté à Marseille, et traduit à Paris.

Lacépède, au nom du sénat, Defermon, du conseil d’état , Muraire , de la cour de cassation , Jard Panvilliers, de la cour des comptes, Fontanes, de l’université, Séguier, de la cour impériale, Chabrol, du corps municipal de Paris , en parlant du complot de Malet, protestèrent de leur attachement à la monarchie, à Napoléon et à sa dynastie.

Fontanes , d’un ton d’inspiré , invoqua, vanta le bon sens; il s’arrêtait avec respect devant le mystère du pouvoir et de l’obéissance ; il l’abandonnait à la religion, qui rendit les princes sacrés en les faisant l’image de Dieu même , el proclamait l’hérédité du trône; la nature ordonnait en vain que les rois se succédassent, le bon sens voulait que la royauté fût immortelle.

« Nos pères , dit Séguier, ont afftonté les périls pour maintenir l’hérédité de la couronne; leur esprit vit encore parmi nous, et il appartenait à votre majesté de le susciter. Nous sommes prêts à tout

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