‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 76 sur 300 · CHAPITRE I.XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE I.XXXV

Il blâma la façade de la caserne de la garde, sur le quai Bonaparte, disant que jusque dans la cabane d’un charbonnier on pouvaitfaire de l’architecture.

Les idées de Napoléon pour les embellissemens de Paris s’agrandissaient en même temps que sa puissance. Il fallait, disait-il, élever des monumens nouveaux, former un quartier peuplé d’édifices dont la'grandeur et la magnificence effaceraient tout ce qui existait. On avait un terrain disposé pour cela, celui du Gros-Caillou , qui servirait de point de vue au palais du roi de Rome.

jTrois grandes constructions furent ordonnées entre le pont de la Concorde et le pont d’Iéna sur le quai de la rive gauche de la Seine : 1“ un édifice tout en pierre et en fer devant contenir un emplacement de cent mille mètres cubes, destiné à recevoir toutes les archives de l’Empire ; une suite de bâtimens affectés au palais du grand-maître de l’université , à l’école normale , à l’institution des émérites et à la distribution des prix, avec de vastes jardins; 3“ une école des beaux-arts contenant les salles nécessaires pour les divers enseignemens , une galerie pour l’exposition des tableaux, et dix grands ateliers, dont cinq pour les peintres et cinq poulies sculpteurs. Les plans étaient commandés pour le 1'' mai , et des fonds affectés aux travaux *. Le i5 août, le ministre de l’intérieur posa les premières pierres.

' Décret do > i mart.

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EMPIRE. — AN l8ia.

Dans une de ses promenades, l’Empereur entra dans un cimetière au bas de Montmartre. Il y trouva peu d’ordre et de décence; il en fut blessé. Il conçut le projet de quatre grands cimetières aux quatre points cardinaux de Paris , qui coûteraient chacun un million. Le cimetière du Père Lachaise devait toujours exister. On lui présenta des plans; il en approuva les dispositions générales , et fit des critiques de détail. Par exemple, un dépositoire des corps figurait un petit temple d’ordre dorique , il le trouvait trop gai. Il se plaignait de ne voir nulle part l’image de la croix. On lui objectait que les cimetières étaient destinés aux morts de toutes les religions. Il répondit que tout le monde reconnaissait la croix, excepté les juifs , qui avaient des sépultures particulières. Le préfet de la Seine et le ministre de l’intérieur furent chargés de faire un travail sur l’établissement des quatre cimetières, f '•

Trois cents ouvriers étaient employés au Mont- Valérien, pour l’établissement d’une des cinq maisons de la Légion d’Honneur.

Bien que les travaux du palais du roi de Rome, fussent en grande activité, l’Empereur aimait à se faire représenter les plans des résidences des rois étrangers , dans la vue d’y trouver de meilleures dispositions. Il demanda le plan du château Saint-Michel ou Michaëlow , bâti par Paul I*'. Mais on n’avait pu en obtenir les détails de Saint-Pétersbourg. « Je suis peu surpris , dit Napoléon , que l’on ait hésité à faire connaître les distributions d’un lieu qm

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