chapitre' lxxxv. j8i
D’après cette disposition des esprits, qui jetait un grand jour sur la conduite passée de la cour devienne, et sur les fausses manoeuvres du corps auxiliaire , il était facile de prévoir la conduite de Schwarzenberg. En effet , il se tenait toujours à distance des Russes pour éviter d’en venir aux mains avec eux. Lui portait-on des plaintes, il répondait que ses troupes faisaient cette guerre à contre-coeur, et que la prudence lui prescrivait de ne pas les mettre en présence des Russes , de peur qu’elles n’imitassent l’exemple des Prussiens. ‘ ,
Il ne disait pas tout. Depuis que, par sa marche sur le Bug, il avait facilité à Tschichakof son arrivée à Minsk, il n avait pas cessé d’être en rapport avec les Russes. Il s’était trouvé avec Reynier à Slonim et à Proujani, lorsqu’il avait appris les désastres éprouvés par l’armée française au passage de la. Bérézina et sa retraite sur Wilna. Il s’était replié sur Bialystok. Le ao décembre , une négociation fut entamée entre lui et le général russe Wassilezikof , et suivie par le conseiller d’État d’Anstett. Schwarzenberg s’engagea à évacuer le territoire russe. Il quitta Bialystok , repassa la frontière pour se rendre à Wissoko-Masowets , d’où il continua sa retraite jusqu’à Pultusk.'Sa marche fut une promenade. Ce fut seulement le a6 que les Russes occupèrent Bialystok. Comment se flatter de conserver l’Autriche pour ^iée , lorsqu’elle ne l’avait jamais été sincèrement , lorsque, depuis long-temps, elle ne l’était plus?
Metternicli ne prit plus la peine de dissimuler
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eavers l’amba^deur de France. L’Autriche ne pouvait persister plus long-temps dans une entreprise devenue impossible. Tout ce qu’elle pouvait faire était d’offrir son intervention entre la France et la Russie; elle tâcherait même d’amener l’Angleterre à la paix. Il ne doutait pas que Napoléon ne trouvât encore des ressources pour fournir une campagne brillante; mais qu^ en serait le résultat? Il ne serait pas plus avancé quand il arriverait à Saint-Pétersbourg, qu’il ne l’avait été à Moscou. Cette guerre prolongée ne servirait qu’à mieux instruire les Rus- ' ses à envahir l’Ëurope. Le système de prohibition du commerce anglais exigeait le concours de la Russie, de l’Espagne , de la Porte. Il fallait y renoncer , puisqu’on n’avait pas ce concours. Metternich employait toutes les ressources de sa rhétorique {»ur prouver que le système continental était moins nuisible qu’utile à l’Angleterre. La Russie pouvait soutenir long-temps la lutte avec les sept raillions sterling de subsides que lui fournissait le cabinet anglais, il en offrait dix â l’Autriche, si elle voulait faire la guerre â l’Empereur Napoléon; mais elle s’y déciderait qu’à la dernière extr&nité , et quand il serait bien démontré qu’on ne pouvait le déterminer à faire la paix â des conditions raisonnables.
Certes, en paraissant défendre les intérêts du continent, et* même ceux de la France, on ne pcmvait plaider plus adroitement pour l’Angleterre. Les argumens du ministre autiichien contre le système continental n’étaient pas nouveaux. Quoiqu’il fût