‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 79 sur 300 · CHAPITRE LXXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXV

impossible de fermer hermétiquement tout le continent au commerce anglais, U n’en avait pas moins souffert un très grand dommage, et la durée de ce système, quoique incomplet, encore pendant un an ou deux, devait amener une catastrophe. La misère des classes industrielles était à son comble. Cette situation déplorable fut établie par des enquêtes. Elle fut l’objet d’une discussion solennelle et approfondie dans le parlement , tendant à révoquer les ordres du conseil. Le ministère ne pouvait contester le fâcheux résultat qu’ils avaient eus pour le commerce; mais il n’bésitait pas à le sacriber à l’intérêt de sa politique, qu’il appelait la di^ité nationale. Cependant il fut forcé de faire un sacrifice à l’opinion. D’ailleurs les discussions entre l’Angleterre et les États- Unis s’envenimaient.

Par une prodamation du ai avril, le prinœ régent déclara que, si les décrets de Berlin et de Milan étaient révoqués absolument et sans condition , aussitôt les ordres du oonseil des 7 janvier 1807 et a6 avril 1809 seraient rapportés. Deux mois après, le a3 juin, une déclaration du prince régent les révoqua. Mais tandis que le gouvernement anglais faisait enfin cette concession , les États-Unis lui déclaraient la guerre ( 1 3 juin). De son côté, l’Empereur annonça la résolution de ne point réwoquer les décrets de Berlin et de Milan , tant que l’Angleterre ne renoncerait point au droit de blocus mr le papier, qu’elle avait établi en ifio6, et ne le réduirait pas aux termes du traité d’Utredit.

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Lorsque la révocation des ordres du conseil fut connue en Amérique, les hostilités y étaient commencées ; elle ne les arrêta point et ne changea rien à la disposition des esprits. On espérait conquérir le Canada : on entra en campagne, elle ne fut pas heureuse; mais c’était sur mer que la guerre devait être funeste à l’Angleterre. Dans leurs premiers combats, les Américains déployèrent une bravoure et une habileté qui donnèrent lieu aux Anglais de faire de sérieuses réflexions sur les moyens de cette nouvelle puissance maritime, qui osait lui disputer l’empire des mers.

Depuis que les Américains avaient déclaré la guerre, pour soutenir leur zèle , l’Empereur parut disposé à traiter avec eux sur les indemnités qu’ils réclamaient pour les torts faits à leur commerce. Le ministre Barlow se rendit à Wilna, et mourut dans la retraite, sans que rien fût réglé.

Avec les meilleures raisons pour se défier de la Prusse et de l’Autriche , Napoléon ne paraissait pas les soupçonner et faisait bonne contenance; il le croyait utile à sa puissance d’opinion plus encore qu’à sa puissance réelle; il ne voulait pas prendre 1 initiative des sacrifices. Échos des intrigues de IoihI W alpole à Vienne, les journaux anglais proclamaient que sa carrière était terminée et bornée à l’ancienne France, ils annonçaient même le prochain retour des Bourbons.

Dans le Moniteur, il bravait l’Angleterre et l’Europe; avec l’Autriche, il le pouvait, sans elle il ne

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