‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 80 sur 300 · CHAPITRE LXXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXV

craignait rien , il maintiendrait toutes ses conquêtes. Ce langage orgueilleux, Napoléon l’aurait tenu en tout temps. Mais l’envoyé que, dans sa lettre de Dresde, il avait demandé à l’empereur d’Autriche, venait d’arriver à Paris : c’était le général Bubna, annoncé comme chargé de complimenter Napoléon sur son retour, et d’une mission toute militaire relative à la réorganisation du corps auxiliaire. Du reste, avec les ressources qui restaient à l’Empire , quelque exagération était permise. Les conscrits de i8i3 ' étaient dans les dépôts , habillés et armés. Pour les recevoir, cent cinquante cadres de bataillons , composés d’officiers et de sous-officiers expérimentés , furent appelés d’Espagne. Les équipages des vaisseaux, recrutés par la conscription, fournirent à l’armée de terre trente ou quarante mille canonniers. On remontait, on réorganisait la cavalerie à Berlin, sur l’Elbe, à Metz, à Mayence, et avec trois mille officiers et sous-officiers de gendarmerie. Les premiers bataillons, partant des dépôts du nord, allaient à Magdebourg, ceux des départemens de l’est à Mayence, ceux de lltalie, où l’organisation n’était pas moins active, se réunissaient à Vérone.

Ces ressources étaient encore imposantes, mais elles étaient nécessaires au nord. Au midi restait un chancre dévorant , la guerre d’Espagne. Pour être fort partout, ne risquait-on pas de ne l’être assez nulle part , et pour vouloir tout conserver de tout perdre?

L’abandon de Madrid et de toute la Nouvelle-

l86 EMPIRE. AN 1812.

Castille, par le roi Joseph, n’avait pas été la dernière conséquence de la bataille de Salamanque, elle entraîna l’évacuation de l’.Vndalousie , et le sacrifice des immenses travaux élevés autour de Cadix.

Après avoir réorganisé Tannée de Portugal, Clausel avait repris l’offensive contre les divisions anglaises qui l’avaient suivi vers Burgos. Il s’était avancé sur le Douro pour dégager Toro et Zamora. Wellington, laissant le général Hill à Madrid, marcha contre Burgos, et le 19 septembre en entreprit le siège. Pendant trente-cinq jours, une garnison de dix-huit cents hommes, commandée par le général Dubretoii, résista aux efforts d’une armée et se couvrit d’une gloire immortelle. Le 22 octobre, Wellington se mit en retraite, et se retira sur Salamanque, harcelé par l’armée de Portugal, qui lui fit éprouver des pertes sensibles.

Après ime entrevue avec le roi Joseph et Suchet à Almanza , Soult avait continué son mouvement par la grande route d'Alicante à Madrid, pour arriver sur le Tage; à la fin d’octobre, il était à Aranjuez. Joseph, avec l’armée du centre, avait suivi le mouvement de Soult ; le général Hill évacua Madrid pour se réunirà Wellington ; le roi y rentra le 2 novembre- Le 10, les h’ois armées françaises étaient réunies sur la Tormès : elles comptaienl encore quaftre-vingt mille fantassins et cfix mille chevaux ; elles étaient jalouses de venger la défaite de Salamanque; Joseph en confia le commandement ASoidt. L’armée anglaise

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