CHAPITRE LXXXV
était dans la position de San-Cristoval , la même quelle avait occupée deux mois auparavant- Tout , annonçait une bataille et promettait une glorieuse revanche. Le 1 5, toutes les dispositions étaient faite : favorisé par un orage affreux et un brouillard épais, Wellington eut le temps de décamper et de sc diriger sur Ciudad-Rodrigo; mais il uvait délivré tout le midi de l’Espagne.
A une suite rapide de bnllans faits darmes, par lesquels l’armée d’Aragon s’était étendue depuis les Pyrénées jusqu’aux portes d’Alicante, Suchet ajouta la prise de Peniscola. Le pays était certainement tranquille; mais la prise de CiudadrRodrigo, de Badajoz et la bataüle de Salamanque y rallumèrent le feu de l’insurrection; on y attendait une expédition anglaise. L’Empereur mit le royaume de Valence, l’Aragon, la Catalogne et toutes les troupes qui occupaient ces provinces sous le commandement direct de Suchet. Après avoir battu l’armée de Murcie, il concentra son année et la rapprocha de Valence. Lorsque Joseph et Soult se burent pcMrtés sur le Tage,
l’expéditionanglaise donna de l’occupation à Suehet ;
elle avait débarqué A Alicante et était campée sous ses murs. Suchet marcha, le d odobï’e, sur oette place, et ne put attirer l’ennemi hors du canon. Les troupes tirniçaiBes rentrèrent dasas leurs cantonnemens. Maitknd n’osa pins rien entreprendre; d fut remplacé par lord Murray.
En Catalogne, Lascy avait remplacé Campo-Verde dans le commandement. Les insurgés soutenaient
' a 88 EMPIRE. AN 1812.
toujours la lutte la plus acharnée, malgré l’habileté des trois généraux, Decaen, Maurice-Mathieu ,et Lamarque qui y avait remplacé Baraguay-d’Hilliers. Excepté les villes et les forteresses où ils avaient des garnisons, les Français ne possédaient que le terrain où campaient les divisions mobiles : preuve qu’un peuple qui veut sérieusement défendre son indépendance est invincible. '
La bataille de Salamanque et l’entrée des Anglais à Madrid avaient ranimé l’ardeur des Catalans comme celle de tous les Espagnols. Lascy, Eroles, Milans, menacèrent Tarragone,Tortose, Balaguer, Olot, Bannis, se firent souvent battre, mais ne tinrent pas moins la campagne, inquiétant tous les cantonnemens. En Aragon, les bandes, quoique moins entreprenantes, harcelaient aussi les troupes qui défendaient cette province.
Les désastres de la campagne de Russie eurent le funeste effet de décourager l’armée française fatiguée d’un genre de guerre dont le but et la gloire ne compensaient pas les périls , et d’exalter jusqu’à l’enthousiasme la confiance des Espagnols.
Leur vieux roi Charles FV était à Marseille, où il souffrait de la goutte. Il exprima le désir d’habiter un climat plus analogue à celui d’Espagne. Il se rendit à Rome et reçut des honneurs sur sa route. Son apanage fut définitivement fixé à 1 5o,ooo francs par mois et régulièrement payé.