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CHAPITRE LXXXVI

Offres amicales de l’Autriche. — La Prusse désavoue le général Yorck. — Levées et armemens en France. — Mouvement national. — Murat quitte l’armée ; remplacé par Eugène. — Schwarzenberg s’arrange avec les Russes. — Ney, prince de la Moskovra. — Concordat de Fontainebleau. — Etablisse- , ment de la régence. — Session du corps législatif ; exposé de situation ; résumé des travaux publics ; loi de finances. — Recettes et dépenses de la liste civile pour neuf ans — Système continental. — Sciences et arts, travaux.

En 1812, l’Autriche ne voulait certainement pas que Napoléon écrasât la Russie. A part la sympathie de ces deux puissances légitimes , ce n’était pas l’intérêt de l’Autriche. De là le caractère équivoque de son alliance, qui, tout calculé, fit plus de mal que de bien à la France. Maintenant que Napoléon avait échoué et que la Russie menaçait à son tour, était-il de l’intérêt de l’empereur François de laisser abîmer son gendre? Il crut devoir non-seulement l’abandonner, mais encore se réunir à ses ennemis pour l’accabler, venger ses défaites, et reprendre ce que lui avait arraché la victoire. Sur le but , il fi’y a rien à

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dire , l’Autriche était datis son droit; mais, pour l’atteindre , elle entra dans une carrière de fausseté et de perfidie qui flétrit à jamais et son principal ministre et son empereur. Tandis que Bubna renouvelait, à Paris, les protestations d’attachement de François, il écrivait au roi de Prusse qu’il n’avait jamais cessé de vouer un vif intérêt à sa prospérité et à ses efforts pour secouer le joug qui lui avait été 'imposé; il lui conseillait de ne point arrêter le noble élan qui l’avait porté à préparer les moyens de seconder les efforts que l’empereur de Russie avait annoncé vouloir consacrer au soutien de l’indépendance de l’Europe. ‘

L’intervention de l’Autriche, qui, par une subtilité diplomatique, n’était pas la médiation, ne devait en rien préjudicier à l’alliance. Cependant elle était singulièrement ébranlée par le nouveau rôle que l’allié allait jouer. Voici comment il entendait tout concilier : le rétabUssement de la paix était actuellement son vœu le plus cher. L’Autriche ne demandait qu’à être mise dans le cas d’agir envers la France comme une bonne alliée , et envers les autres comme une puissance indépendante. Elle prenait des mesures pour rendre mobiles les troupes de la Gallicie et de la Transylvanie. Malgré les derniers revers de Napoléon , sa position était toujours la plus brillante. Ce n’était pas lui qui avait le plus besoin de la paix. S’il lui répugnait d’agir offensi-

’ Cette lettre est rappelée dans celle de Metternich 4 Hardenberg > du at octobre 1814. Scbcell, t. ti, p. 61 .

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